A VTT sur les chemins de Compostelle
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Le Haut Aragon

et ses villages fantômes

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Passé le col du Somport, le pèlerin qui chemine sur la voie d'Arles entre en Espagne par le Haut Aragon. Au delà de Jaca, la capitale régionale, le jacquet emprunte une large vallée désertique le long d'une rivière affluent de l'Ebre, le rio Aragon. Bien que très proche de la côte Atlantique, cette vallée fait partie du bassin méditerranéen. Elle bénéficie donc d'un climat souvent sec et chaud dès les premiers beaux jours.

Aride et ingrate, cette terre connaît depuis longtemps l'exode de sa population. La large vallée du rió n'a pas échappé à la règle. Pour couronner le tout, un grand lac, réservoir d'eau et d'énergie, en a submergé la partie basse, privant de leurs terres et chassant de force les rares habitants qui survivaient encore ici.

Ruesta

Aujourd'hui, les villages dispersés sur la rive gauche sont quasi dépeuplés, voire totalement abandonnés : un véritable coin de Far West. A Martès, Artieda, Mianos, assis sur un banc de pierre devant les rares maisons encore debout, les vieux aragonais ont toujours l'air de se demander quelle force occulte a bien pu vous emmener jusqu'ici. Quand à Ruesta, dernier village avant de quitter la vallée, c'est une citée en ruine qui accueille le pèlerin.

Le pèlerin ne rencontrera guère âme qui vive durant les trois bonnes journées de marche qui l'attendent avant d'atteindre la jolie ville de Sanguesa. Les amènagements touristiques du lac de Yesa, avec leurs avantages et leurs inconvénients, c'est l'autre versant qui en bénéficie. Mais l'engouement pour le chemin aragonais entraîne l'implantation régulière de gîtes d'accueil et chacun de ces villages en est maintenant pouvu, le plus curieux étant celui de Ruesta, oasis de vie au milieu d'un champ de ruines.

Haut lieu de méditation sur la petite condition de l'homme ("nous sommes bien peu de choses n'est-ce pas ? ") la vallée de l'Aragon sera sa "traversée du désert".

Le cycliste, bien éprouvé par les rudes montées pyrénéennes et les sentiers caillouteux, profitera des beaux chemins blancs, rectilignes et plats, pour pousser enfin une jolie pointe de vitesse.

Comment la caverne de l'ermite devint un étonnant monastère.

Une dizaine de kilomètres après Jaca, un peu à l'écart du chemin, une route à flanc de montagne conduit vers l'un des sites les plus étonnants de la voie d'Arles, le monastère San Juan de la Peña.

Comme Conques, en Aveyron, et comme bon nombre des hauts lieux du chemin, ce chef d'œuvre de l'architecture romane a été édifié à l'emplacement même d'un ermitage. Dès le VIII° siècle, il est attesté qu'un adepte de la méditation solitaire choisit de vivre ici, dans un des lieux les plus reculés de la région. Cela n'empêcha pas de nombreux disciples de venir l'y rejoindre, puis plus tard des bâtisseurs qui édifièrent dans le rocher un monastère unique en son genre.

Niché tout en hauteur, dans le repli d'une falaise, le site me fait penser à ces villages indiens du parc national de Mesa Verde (Colorado). On peut y admirer une crypte primitive mozarabe du X° siècle, une église du XI°, et un cloître aux superbes chapiteaux sculptés dont la voûte rocheuse fait office de toit. C'est dans ce lieu étonnant que sont enterrés les nobles et les premiers rois d'Aragon.

Monastère de San Juan

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