A VTT sur les chemins de Compostelle
Carnets de route

Cahors - Aire sur Adour

Carnets de route

12 Juillet, mercredi, Cahors - Lauzerte

Cahors, le 11 Juillet 2000, 18h00. Averses orageuses à répétition, vent du nord glacial, c'est presque l'hiver ! Peu de touristes dans cette ville pourtant très fréquentée en cette période de l'année. Malgré tout, la météo étant plutôt optimiste pour les jours suivants, nous avons maintenu le programme. Pas de rando en groupe pour cette année, pas de voiture suiveuse, pas de réservation d'hôtel ou de gîte. Mon fils Samuel, 13 ans, bien préparé depuis plusieurs semaines, m'accompagne pour 5 journées "d'aventures" et de VTT sur le chemin de St Jacques. Une petite sacoche de selle sur le vélo et chacun un sac de 3kg sur le dos, c'est tout.

Départ très frais, mais le soleil est au rendez-vous, comme prévu. Merci la météo. En randonneurs avertis (merci à ceux qui m'écrivent), nous n'escaladons pas le sentier au-dessus du pont Valentré. Première halte à Labastide. Les chemins sont très bons, frais et tranquilles. L'Hospitalet : l'église est fermée, impossible de visiter cet édifice pourtant classé ! Grrr !!!

Deuxième halte à Lascabannes. La rue principale et unique du village est magnifique. Eglise (très jolie mais non classée) fermée également. Grrr !!!
Embouteillage au seul point de descente raide du chemin qui nous oblige à mettre pied à terre. Une famille avec trois enfants fait le chemin. Deux ânes portent le matériel. Les enfants, plutôt jeunes, rouspètent. Trop lassant, trop difficile pour eux ?

Passage à Montcuq, pas encore trop de côtes dans les pattes. Nous grimpons raide, puis très raide, jusqu'au donjon. Samuel ne montre aucun signe de fatigue et pourtant, les côtes s'enchaînent copieusement, il faut même pousser un peu le vélo par endroits. Finalement, cet été trop frais est une aubaine. Arrivée tranquille et dernière montée au village de Lauzerte, Samuel me fait tirer la langue.
- Attention, il reste encore quatre jours, garde de la réserve!

Une soirée ordinaire
Lauzerte, la bastide est superbe sous le soleil. Par chance, il reste encore deux places au gîte communal, mais le seul restaurateur "à portée de bourse" a choisi le mercredi comme jour de repos. Grrr !!! Nous nous rabattons sur des surgelés que nous passerons dans le micro-ondes du gîte. Cela nous permet de rester dîner en compagnie des pèlerins et randonneurs.

Soirée très cosmopolite. Un couple d'allemands, un pèlerin parti d'Allemagne qui remplit de sa minuscule écriture un gros carnet de voyage et constate amèrement que l'hébergement chez les curés fonctionne de moins en moins, un alsacien pour traduire, des français avec des enfants, et même une pèlerine qui fait partie du club de randonnée de mon village natal !

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13 Juillet, jeudi, Lauzerte - Saint Antoine

Nous partons pépères une bonne heure après tout le monde. Avantage du VTT. Petit matin frisquet et nuageux. Sacré mois de Juillet ! Au bout d'une heure de pédalage, nous dépassons progressivement nos rencontres de la veille, salutations et adieux. Plus personne jusqu'à Moissac.
Le rendement au pédalage est excellent et nous sommes en avance sur le planning. Nous choisissons de rejoindre Malause par l'ancien tracé, variante raide mais très belle par les coteaux, au-dessus de la Garonne et du canal latéral. Pêches et prunes à volonté, ramassées au sol bien entendu.
Retour le long du canal, mais pas de balisage. Nous finissons côté gauche du canal avant Pommevic. Erreur !!! impossible de remonter sur le pont. Demi-tour.
Les belles tours médiévales de la centrale de Golfech, avec leur panache blanc, égayent la traversée de la vallée de la Garonne.
Quatre personnes en tout au gîte de Saint Antoine qui peut en loger près de trente. Nous serons comme des coqs en pâte, d'autant que l'accueil y est vraiment extraordinaire, comme en témoigne le livre d'or. Nous partagerons un plantureux repas, dans la salle à manger. Je crois que Samuel s'en souviendra.

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14 Juillet, vendredi, Saint Antoine - Lectoure

Sam a dormi jusqu'à 8h30, digestion et récupération obligent. Le temps est maussade, nuages bas et vent, ça sent la pluie. Flamarens : le village est désert, le temps se couvre de plus en plus.

Miradoux : pause casse croûte. De gros nuages sombres, porteurs d'une pluie fine et tenace encerclent le village. J'hésite à repartir. Nous attendons un peu, puis nous nous réfugions dans l'église, la pluie fine vient d'arriver.
L'attente est longue, la pluie toujours aussi ténue mais incessante. Samuel s'ennuie, il veut repartir. Tant pis, allons-y en espérant une éclaircie.

Castet-Arrouy : nous rattrapons les deux randonneurs qui étaient au gîte de Saint Antoine. Les accalmies sont rares, quasi inexistantes, nous poursuivons quand même. L'humidité commence à imprégner les chemins et les bonshommes. Arrêt à Lectoure. Aujourd'hui, nous n'aurons réalisé que l'équivalent d'une étape pédestre. D'ailleurs, les deux randonneurs du matin arrivent eux aussi au gîte communal. Un seul pèlerin y est installé, resté là une journée de plus à cause du mauvais temps.
Samuel tient toujours la forme.

Son grand plaisir : "m'allumer" dans les ultimes montées !

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15 Juillet, samedi, Lectoure - Monréal

Départ 8h00, la pluie a cessé cette nuit, mais le temps est toujours menaçant. Le chemin est de plus en plus facile, nous piquons une pointe de vitesse sur la Périgne, cette voie antique, tout en chemin blanc, qui nous amène à La Romieu. Nous visitons la collégiale. En sortant, il se remet à pleuvoir.
A Castelnau sur l'Auvignon, ça semble bien reparti pour un bon moment. Une heure d'attente sous le porche de l'église en espérant une éclaircie qui ne vient désespérément pas. Un randonneur nous y rejoint quelques instants, puis repart, bien à l'abri sous sa pèlerine.
Je ne crains pas spécialement la pluie, mais les vélos, eux, y sont très sensibles. Samuel s'ennuie à nouveau et veut repartir. Oui, mais je redoute des problèmes matériels. Tant pis, nous n'allons pas finir ici. Nous repartons rapidos à Condom. La mécanique fonctionne toujours, la pluie aussi.

- On pousse encore jusqu'à Monréal, insiste le fiston.
OK, c'est reparti, mais nous ne profiterons pas beaucoup du paysage. Dire qu'on voit les Pyrénées quand il fait beau !
- Tout est complet ici ! " nous annonce le responsable de l'office de tourisme de Monréal du Gers. Et pourtant, il n'y avait pas un chat sur le chemin ! Nous sommes trempés jusqu'aux os. Finalement, on nous dégotte une chambre d'hôte à 4km de là. Repédalage sous la flotte. Au point où nous en sommes ! Par contre, le freinage est de moins en moins efficace. Il va falloir tout nettoyer, démonter, sécher et remonter.
L'accueil est très sympathique, la chambre spacieuse. Une bonne douche et deux heures d'entretien des mécaniques. Nous voilà fin prêts pour ... manger et dormir. Au gîte, une dame fait le parcours entre Condom et Saint Jean Pied de Port. Un de ses fils l'accompagne. Elle a ... 87 ans !

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16 Juillet, dimanche, Monréal - Nogaro

Le retour du soleil est prévu pour l'après-midi. En attendant, le ciel est bas et embrumé, mais il ne pleut plus. Les chemins sont détrempés par endroits, la glaise les rend glissants. La boue colle aux pneus. Nous progressons vraiment à petite vitesse alors que nous devrions filer sur ces chemins sans difficulté. Dans ces conditions, nous n'atteindrons pas Aire sur Adour, nous arrêterons à Nogaro. Belle portion très roulante sur le ballast de l'ancienne voie ferrée, avant Eauze.

Samuel, toujours pas fatigué, en profite pour piquer une pointe et me faire à nouveau tirer la langue. Finalement, heureusement qu'il y a des passages rendus délicats par la pluie. Là au moins, expérience oblige, je passe mieux.

Plaidoyer en faveur du vététiste crotté
Nogaro, terminus. Il fait beau et bon. A part deux pèlerins belges qui arrivent en même temps que nous, nous n'aurons rencontré personne sur cette étape. Mais alors, où sont passés les "randonneurs" qui occupaient tous les lits du gîte de Monréal ?
SVP : si vous avez des véhicules d'assistance, attendez un peu avant de prendre gîte, et pensez à ceux qui en ont vraiment besoin.

Eauze : le soleil fait son apparition pour un dernier tronçon entre vignes et maïs. Pas terrible du point de vue du paysage. Cela nous ôte les quelques regrets de ne pas aller jusqu'à Aire. Les parties exposées au soleil sont presque sèches et passent bien. En revanche, les coins à l'ombre sont encore détrempés, et il faut bien souvent passer à pied pour ne pas plâtrer la mécanique.

Aubrac - Figeac

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