A VTT sur les chemins de Compostelle
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Conques

Petites histoires d'un grand pèlerinage

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Pour le pèlerin du Moyen Age, atteindre Compostelle était l'aboutissement d'un périple très long et éprouvant. Mais au cours de sa marche, il ne manquait jamais d'honorer des reliques saintes hébergées dans des églises, chapelles ou abbayes, quitte pour cela à effectuer un long détour.

Ainsi, à l'étape renommée de Conques, haut lieu spirituel, assurément aujourd'hui l'un des plus beaux villages de France, pouvait-il contempler la statue reliquaire contenant les restes de sainte Foy, une très jeune chrétienne martyrisée en l'an 303. Ce chef d'œuvre d'orfèvrerie, aujourd'hui conservé dans le musée de l'abbaye, est une des pièces maîtresses de son trésor.

Conques, détail du tympan

Pourtant, à l'origine, ce n'est pas à Conques qu'étaient déposées les reliques de la sainte, mais à une bonne centaine de kilomètres de là, dans une petite église d'Agen, où elles faisaient déjà l'objet de dévotions.

Une histoire d'espionnage pas très "catholique"!

Au IX° siècle, le monastère de Conques, placé sur l'une des grandes voies du pèlerinage vers Compostelle, commençe à prendre de l'importance. Mais il lui manque une chose essentielle pour accroître son pouvoir d'attraction : des saintes reliques. Oui, mais comment s'en procurer ?

On fait fonctionner la machine à idées, et c'est ainsi que nos moines dépêchent en toute discrétion un des leurs à Agen. Celui-ci, un dénommé Aronisde, parvient peu à peu à gagner la confiance de ses coreligionnaires, au point de devenir gardien du tombeau de sainte Foy.

En l'an 866, après dix ans de bons et loyaux services, le fourbe dérobe en douce les précieuses reliques et, à l'issue d'un voyage mouvementé, les emporte dans sa communauté d'origine, à Conques.

Dès lors, et comme par hasard, de nombreux miracles se produisent, assurant du coup la notoriété spirituelle du lieu … mais aussi sa richesse. L'histoire ne dit pas comment on prit la chose du côté d'Agen, mais il est probable qu'il y eut quelques remous dans le monde chrétien de l'époque.

Aujourd'hui, le village médiéval de Conques, au nord du département de l'Aveyron, est un des sites les plus remarquables de la voie du Puy en Velay. Placé dans un endroit inattendu, un vallon sauvage et escarpé, le visiteur y est émerveillé par l'homogénéité du village, avec ses maisons à colombages, remarquablement conservées. Son abbatiale Sainte Foy, par son audace architecturale et son superbe tympan sculpté, est l'un des chefs d'œuvre de l'art roman. A l'intérieur, on y découvre le trésor : reliquaires en or et pierres précieuses.

Conques : reliqauire

Un conseil, venez très tôt le matin, ou mieux encore, en fin de journée et, si vous le pouvez, retournez-y le soir. Conques s'offre encore d'avantage à celui qui sait l'attendre. Sous l'éclairage, les sculptures du tympan vous apparaîtront encore plus belles, l'intérieur plus envoûtant, et vous pourrez profiter de la meilleure visite guidée de l'abbatiale. On vous y expliquera entre autres comment les vitraux contemporains, spécialement créés par le peintre aveyronnais Soulages, y diffusent une lumière toute particulière.

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