A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Nous y sommes ... !

Textes choisis

La cathédrale est pleine de monde. Principalement des Pèlerins qui prient d'une seule voix.

La ferveur est réelle et j'en viens à croire que même ceux qui ont effectué le parcours pour des raisons particulières comme l'exploit sportif, ou le dépassement de soi, sont en ce moment tout aussi profondément émus que nous.

La messe est spécialement dite en faveur des Pèlerins. Tous ceux qui sont arrivés aujourd'hui sont cités. Non pas individuellement, il y en a trop, mais on donne les nationalités, les points de départs et nous entendons avec plaisir, avec Colette, que l'on cite deux français partis de Lourdes, C'est nous. C'est bien de nous qu'il s'agit… et nous sommes fiers comme des petits enfants qui viennent de recevoir une récompense. Ce sera d'ailleurs la seule récompense, et c'est bien ainsi car nous ne sommes pas venus pour cela. Mais nous entendons aussi citer nos amis, venus de Corse, du Québec, de Belgique, et ça nous cause tout autant de plaisir que si c'était pour nous.

A la fin de la messe, vient le moment du folklore sous la forme du balancement de l'immense encensoir que l'on fait voler au-dessus de toutes les têtes presque jusqu'au plafond de la croix du transept.

Cette tradition reprend un geste qui correspondait à un véritable besoin. La cathédrale était envahie par des masses de Pèlerins qui venaient de parcourir l'Espagne dans des conditions d'hygiène doûteuses. L'odeur à l'intérieur du bâtiment devait être difficilement supportable. Alors pour couvrir les miasmes et les remugles, on répandait l'encens sur toute l'assemblée à l'aide d'un encensoir géant, le BUTAFUMEIRO qu'un système de poulies, manœuvré par six hommes, balance d'un bout à l'autre du transept à quinze mètres au dessus de la tête des Pèlerins.

Ne nous restait ensuite qu'à accomplir les rites envers la Statue de Saint Jacques Pèlerin dont on prend les épaules dans nos bras.

Il fallait aussi mettre la main dans les traces creusées sur la colonne à l'entrée de la Cathédrale par les doigts des centaines de milliers de Pèlerins qui nous ont précédés. Il nous fallait enfin taper notre front, en signe d'humilité, sur la tête de la statue qui représente, dit-on, Maestro Matteo qui dirigea les travaux de la cathédrale à compter de 1168, et qui regarde l'intérieur de "son" église depuis plus de 800 ans. Visiter, enfin seuls, la splendide cathédrale, but suprème de tous les Pèlerins depuis dix siècles !!!

Le détail de tout ce que nous avons vu ne tiendrait pas dans un long chapitre. Allez-y vous même. Vous serez surpris. De toute façon, ce n'est pas vraiment le détail qui compte à Compostelle, c'est l'ensemble, ce n'est pas telle ou telle chapelle, c'est toute la ville qui est remarquable. Alors je vous en donnerai une description mais à ma manière. Nous n'avons fait que ça, avec Colette : marcher.

Nous avons voulu tout voir. Dans la cathédrale, nous avons rendu visite à Saint Jacques (et à ses acolytes, Téodore et Anasthase ou Athanase) dans la crypte, la Puerta del Perdòn, celle qui n'est ouverte que lors des Années Saintes, la statue du Saint en tenue de Pèlerin que nous avions admirée lors de notre arrivée, le Portique de la Gloire, le Portail des Orfèvres, les chapelles, tout enfin…

Le grand escalier, bien sûr, où le dimanche suivant nous verrons la foule d'un Pèlerinage officiel de 1100 personnes venues tout exprès d'Allemagne de l'Est, s'aligner pour une gigantesque photo. Sur la grand'place, nous admirons le Palacio de los Reyes Catòlicos qui a été transformé en Parador (hôtel de luxe).

Ce soir, nous y prendrons un repas pour marquer à la fois, la réussite de notre Pèlerinage, nos anniversaires (il se trouve qu'à quelques jours près, Jean-Claude, Gaston et moi-même, sommes nés sous le signe des Gémeaux), et l'anniversaire de nos quarante ans de mariage pour Colette et moi. Cet anniversaire aurait dû se fêter le 20 Juin. Mais, c'est aujourd'hui que nous sommes avec ceux qui ont Pèleriné en notre compagnie et qui sont devenus nos amis.

Vous ne vouliez pas que nous fêtions ça en cachette !

Jean Paul

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