A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Flashback

Textes choisis

"Bon anniversaire", me dit Colette qui ne laisse rien passer.

Nous avions prévu de remonter à Canfranc pour changer de l'argent et visiter ce curieux monument qu'est la gare surdimentionnée. En fait nous n'en ferons rien car le gardien du refuge a accepté de nous faire du change, (à un taux correct, s'il vous plait), et que les bus qui remontent vers Canfranc sont rares. L'expérience nous prouvera, qu'en Pèlerinage, encore moins qu'ailleurs, on ne fait que rarement retour en arrière. Mais, c'est promis, nous reviendrons l'an prochain…

A 9 heures, nous nous mettons en marche et dès la sortie du village, après le cimetière antique nous repèrons le Pont des Pèlerins, construction romane typique en dos d'âne, qui enjambe le Rìo Aragòn. A partir d'ici, et pour le reste de la journée nous serons dans les pas des milliers et des milliers de Pèlerins qui depuis le IX° siècle. nous ont précédés sur le Chemin de Compostelle. L'avouerai-je, cela ne nous laisse pas insensibles.

Tout en cheminant, j'imagine les gens dans les costumes des époques anciennes.

Ils ne portaient certes pas les équipements qui sont les nôtres : robes de lin, cape de laine, lourd chapeau, chaussures inconfortables, et les sacs malcommodes à transporter. Nous ne sommes pas à plaindre avec nos shorts, nos tissus de coton ou de textiles spéciaux, imperméables, nos chaussures de randonnée, nos sacs en tissus synthétiques relativement "confortables" et légers qui épousent bien nos formes d'épaules et de dos. Une simple casquette à grande visière nous protège du soleil, et quand il pleut, un poncho qui ne pèse rien nous couvre, nous et nos sacs.

Quel confort, le jour… et quel confort la nuit avec nos sacs de couchage, d'un volume de trois litres et d'un poids de 1,1 kilo. Je les compare aux lourdes couvertures de laine et de crin de l'époque, …pour ceux qui en avaient. Elles devaient peser une tonne lorsqu'elles avaient pris la pluie.

Et le bourdon, et la gourde, et la coquille, et la nourriture qu'ils étaient obligés d'emporter, car il n'y avait pas souvent de quoi se nourrir tout au long du chemin.

Pour nous, les gourdes sont des bouteilles en matière plastique, poids oblige… et pour la nourriture, nous la trouverons à chacune de nos étapes. Le seul élèment qui nous rattache à la coutume, c'est la coquille Saint Jacques qui pend à nos sacs. Et ceci est une erreur historique car, n'avaient apparemment le droit de porter la coquille que ceux qui avaient fait le Chemin. Nous, trop fiers, ou trop pressés, nous l'arborons sur le voyage de l'aller…

Le sentier suit le rio et reste accroché au flanc de la falaise, souvent creusé à même le roc. De l'autre côté, les poids lourds dévalent la route du Somport. D'un côté, le Moyen Âge, de l'autre le 20° siècle. Nous parvenons à Villanua que nous visitons. Achat de nos pique-niques et nous sandwichons notre goûter sur une charmante place, assis sur la margelle d'un vieux puit, en face de la pharmacie du XV° parfaîtement restaurée. Sur la route de Castiello, nous sommes un instant bloqués par un troupeau de brebis en transhumance. C'est un spectacle qui était encore fréquent lorsque je faisais du scoutisme et du cyclotourisme il y a… quelques années. Quel retour en arrière ! Les bergers eux-mêmes nous souhaitent Buen Viaje !

Jean-Paul

Accueil
Accueil