A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Cahors - La Romieu

Textes choisis

LUNDI 08/07/2002 : 68 km

6 h 45 : Quand nous nous levons, le temps est déjà lourd et la chaleur de mise. Nous envisageons de rejoindre Moissac à environ 70 km de notre point de départ. Petit déjeuner de rigueur, copieux, avec pain et croissants, si mes souvenirs sont exacts, je défaille sur le détail des croissants.

8 h 45 : Le départ est annoncé, les montures sont prêtes, les vététistes frais... enfin plus ou moins. Jacques pourra se reposer quelque peu, c'est lui qui prend le volant.
Nous montons vers la Croix Magne, toujours à Cahors. Nous passons sous le pont Valentré et nous prenons la route à gauche. Oh ! Mais elle grimpe, elle grimpe !! A froid, les muscles ne se sont pas encore bien échauffés, il est alors impératif de développer tranquillement sans heurts. Il faut préserver le physique, maintenant que nous approchons du but, on n'en a jamais été aussi près d'ailleurs.
Au sommet, nous pouvons vraiment admirer ce chef d'œuvre de l'art médiéval qui enjambe le Lot.
Après cette petite difficulté, les petites routes et les chemins faciles et roulants jusqu'au hameau de la Rozière. Mais il ne faut pas oublier de citer les 2 montées bien caillouteuses sur le causse, avec leur fameux " risque de portage " entourées du chant des cigales amicales mais invisibles. Ici, nous avons effectivement mis pied à terre, dégoulinants de sueur, pour avancer au rythme du pèlerin et pour reprendre quelques forces.

10 h 45 : Jacques nous attend à Labastide-Marnhac. On se repose un peu, quelques étirements, à nouveau, un changement de chauffeur : Patrice s'y colle.

11 h : Nous partons maintenant pour Montcuq. Le chemin de crête entre l'Hospitalet et Lascabannes est très agréable, roulant, reposant et il poursuit comme cela jusqu'à Montcuq que nous atteignons sans fatigue ni difficulté.

12 h 45 : Petit repas frugal sous les platanes près d'une herboristerie. Etirements.

13 h 40 : Nouveau départ, Armel prend le volant et nous annonce d'un air détaché "Je vais en profiter pour faire une petite sieste salvatrice" C'est ça mon cochon, repose toi !! Pendant ce temps, nous autres pauvres bagnards de la route, nous gravissons une belle petite montée, avec "tout à gauche" pour digérer. Puis, nous nous dirigeons vers Lauzerte, tranquillement à travers champs et forêts.

15 h 30 : Nous découvrons Lauzerte et notre "siesteux". Mais nous continuons notre périple et au sortir du village nous devrons subir 3 "risques de portage" bien merdiques, surtout pour passer dans la vallée de la Braguelone. Ces portages font tomber la moyenne horaire et sapent un peu le moral des troupes, surtout que le temps est en train de virer à l'orage. Mince, mince et encore m... !

16 h 30 : A Durfort-Lacapelette, je remplace Armel après 72 km de VTT. Je suis fatigué, j'ai un herpès à la lèvre à cause du soleil, semble-t-il et j'ai le mollet droit qui devient bien douloureux. J'espère que dans les jours à suivre, je vais pouvoir tenir le coup.
La pluie d'orage commence, le tonnerre gronde, la situation se gâte pour les vététistes, même si moi je suis au sec, je pense à eux, là bas sur les parties goudronnées ou sur la bonne montée qui conduit sur le plateau avant de redescendre sur Moissac.
A Moissac, impossible d'espérer s'installer dans un camping alors qu'il pleut comme vache qui p... Je me rends au syndicat d'initiative en attendant l'arrivée de la folle équipe. Il n'y a pas de possibilité d'hébergement sur Moissac. Moissac est une ville très touristique avec de nombreux pèlerins. Comment faire ? On ne peut pas non plus dormir dans la voiture, c'est un vrai capharnaüm !! On ne peut s'éloigner de notre circuit !!
Mais, la demoiselle du syndicat d'initiative est très gentille, très serviable et elle a pitié de nous, surtout quand elle voit arriver la horde détrempée. Elle téléphone, elle se renseigne, elle cherche. Et finalement nous trouve un gîte, au sec, à Malause chez madame Granier au lieu dit "le grenier du levant" pour tout de même 28€ par tête de pipe. Ne nous plaignons pas, nous aurions pu dormir sous le porche de l'église (solution un instant envisagée, mais pas longtemps). Donc une piaule, une douche, un repas en collectivité (soupe de tourain + crudités + omelette + fromage + fruits + vin) et une de tes fameuses bouteilles de vin Marcel. Encore une fois merci à la demoiselle qui nous a aidés à passer une bonne nuit au sec et merci à Marcel pour son petit remontant.

MARDI 09/07/2002 : 61 km

6 h 30 : Quand nous nous levons, le temps est à nouveau bien lourd et la chaleur présente. Notre réveil collectif est beaucoup plus difficile aujourd'hui, peut être le résultat de tous les efforts passés. Mais seule la vérité des mollets...

7 h 30 : petit déjeuner copieux avant de démarrer, nous gardons toujours à l'esprit qu'il faut vraiment bien se nourrir pour soutenir les efforts de la journée.

8 h 30 : Départ pour Lectoure que nous devons atteindre pour la soirée afin d'y planter notre tente. Tout d'abord la première étape doit nous mener à Bardigues où nous devons rejoindre Armel qui dès ce matin prend le volant. Nous longeons une partie canalisée sur le Tarn ou proche du Tarn ? Un départ facile et intéressant qui permet de se remettre en jambe et de faire attention à ce fameux mollet droit qui me faisait mal hier soir, il faut le ménager pour continuer dans de bonnes conditions. Pas de souvenirs transcendants de cette portion qui reste très roulante et pas mal bitumée sauf la montée très raide pour atteindre la place centrale de la bastide d'Auvillar et son marché couvert.

10 h : Nous retrouvons Armel à Bardigues. Nous allons repartir, mais Jacques a crevé (Tiens notre première crevaison !!), nous réparons et Pat fait un peu de mécanique, lui, il s'intéresse à ses freins et moi restant en contact avec la civilisation j'envoie des SMS.

10 h 30 : L'équipe est prête pour un nouveau départ. Je prends le volant direction Miradoux. Nous sommes entrés dans le Gers. A partir de Flamarens, le balisage GR a bien changé et indique la route la plus courte pour rejoindre Lectoure. J'apprends que sur cette portion Jacques a encore crevé deux fois !! Pourtant lui qui est si soigneux avec son matériel, ne méritait pas une telle galère !!

12 h : J'attends les trois cavaliers à Castet Arrouy où nous devenons officiellement des pèlerins vers St Jacques car seul lieu où nous avons pu facilement tamponner notre crédentiale. Nous trouvons une bonne table, bien à l'ombre, et nous allons déjeuner d'un bon appétit quand arrivent des pèlerins pédestres et pour certains ou certaines, les choses n'ont pas l'air de se passer facilement. Beaucoup d'entre eux ont le masque de la fatigue intense.

12 h 45 : Nouveau départ. Direction Lectoure puis La Romieu. Nous repartons pour du bitume, parfois des petits chemins herbeux, Pat conduit la voiture à son tour. Cette portion est plus proche du VTC que du VTT, comme ils nous manquent les chemins de l'Aubrac et leur dépaysement.

16 h : Arrivée à La Romieu après un passage sympa en sous bois bien humide. On emprunte ici une antique voie de commerce, la Périgne, qui se matérialise par un chemin blanc. Arrêt bierrette comme il se doit. Puis nous cherchons un camping. Nous en trouvons un, tenu par des anglais. Nous plantons les tentes, le temps se couvre, un orage se prépare sans aucun doute. Une bonne douche pour se requinquer en attendant d'aller au resto.

19 h : Repas au resto. La pluie commence. Nous mangeons copieusement, arrive alors l'addition 10 € par tête de pipe. Bien ! Heureux les gars ! Ouais, car de notre côté nous avions compté 18 € par tête de singe. HOURRA !! Merci les Anglais, c'est vrai que la livre ce n'est pas l'euro.

20 h : Nous allons nous coucher, mais la tempête s'est levée, les arceaux des tentes se plient dangereusement. Nous déplaçons la voiture pour dresser un mur et protéger les tentes. On essaie de s'endormir, mais on n'est pas très rassuré, finalement la fatigue aura raison de nos appréhensions et nous dormirons du sommeil du juste en rêvant à l'Aubrac.

Philippe

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