A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Les bandits du grand chemin (suite)

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Placé sur le Chemin de St. Jacques, Villafranca offrait aux pèlerins une grâce spéciale à ceux qui passaient la porte du Perdòn.

Heu ! Oui, c'était jadis, car aujourd'hui elle est… fermée ! Un mot du très beau et très fonctionnel refuge municipal qui vient d'ouvrir. Très bien géré, il fait contraste avec le vrai caravansérail qui lui fait face, l'ancien refuge, privé, où nous avons fait une halte en arrivant ici et où la vue des dortoirs, sales et poussièreux, nous a incités à chercher autre chose.
Ce soir nous essayerons des spécialités du Bierzo : Truchas del Bierzo (truites), et les Chuletillas (petites côtelettes d'agneau), à s'en faire pèter la panse.

Digression
Ce soir, un événement très particulier a eu pour nous deux conséquences. Je vais tenter d'être bref. Colette avait fait une "vraie" lessive à la machine mise à disposition par le refuge : blousons, polos, pantalons surtout, que nous traînions depuis le début, et qui commençaient à tenir debout tout seuls.

Ne voilà-t-il pas qu'une personne peu scrupuleuse a "piqué" le pantalon de Colette à l'étendoir.

Elle a tout de même eu la délicatesse de ne pas prendre les pinces à linge que nous avons ainsi pu sauver. Mais les pinces ne protègent que peu du froid et comme Colette ne pouvait envisager de se remettre en route avec les fesses à l'air, il a fallu descendre au village acheter un nouveau pantalon. Heureusement que Villafranca del Bierzo possède ce genre de service et nous voilà avec un beau pantalon de marche tout neuf. Comme il commence à faire froid, nous regrimpons jusqu'au refuge afin que Colette puisse se changer (elle déambulait en short depuis le vol de son pantalon). Et au moment de se changer, elle retrouve son bien, mis en boule, encore mouillé bien sûr, sous le lit voisin. Il faut dire que nous avions fait du foin dans le refuge et que le quelqu'un qui avait fait le coup devait se sentir passablement morveux.

Bon, enfin, nous voilá avec deux pantalons. Ça, c'est la première conséquence, pas bien grave ! Je le reconnais.
Mais il faut au passage signaler que ce genre de larcin semble être le fait de personnes qui, par ailleurs, se targuent de "voyager léger" et qui, ne possèdant pas de linge de rechange, se fournissent au fil des jours (et d'étendage) selon leurs besoins.

Là aussi rançon du succés du Camino. Le même jour, presqu'à la même heure, notre amie canadienne, Normande, étaient victime du vol d'un sac avec toutes les affaires personnelles, la pharmacie, etc…

La deuxième conséquence, relation de cause à effet, fut plus importante. Lorsque nous avions étudié le trajet du lendemain, nous avions vu qu'il fallait faire un choix entre le chemin par les montagnes et celui par la vallée. Or, lorsque nous étions chez nos commerçants, ils nous posèrent la question du trajet et devant notre ignorance des lieux, bien sûr, ils nous conseillèrent, la main sur le cœur, de prendre le chemin de la vallée. Plus aisé, moins long, en fait des arguments auxquels sont sensibles les marcheurs en quète de facilité. Tout le monde comprend cela.
C'est ainsi que …le lendemain…

Mercredi 7 Juin 2000 : de VILLAFRANCA DEL BIERZO à VEGA DE VALCARCE.

… nous nous retrouvons au bord de la nationale qui de Madrid et du Centre de l'Espagne, dessert tout le grand Nord Ouest et en particulier la Galice.
C'est la N VI !

Jean-Paul

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