A VTT sur les chemins de Compostelle
Cartes postales

La chapelle d'Eunate

et ses ondes bienfaisantes

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Je profite de deux jours de liberté (j'ai des charges familiales à assurer...) pour refaire la section Roncevaux - Puente la Reina, mais en passant par les derniers kilomètres du camino aragonais. Première journée : je laisse la voiture à Roncevaux et roule jusqu'à Cizur Menor. Je découvre un itinéraire bien changé depuis mon premier passage en 1995, mais passons... J'arrive à Cizur Menor vers 17h et trouve une albergue étonnamment vide.

Après une nuit un peu prolongée (debout à 7h45 !), je file par la route jusqu'à Tiebas, mais les premières bosses me mettent un peu à la peine. J'ai les guiboles en pain de mie, conséquence d'une dernière semaine de boulot un peu difficile et d'une interruption dans ma préparation physique.
"Pas grave, me dis-je, et heureuse coïncidence ! Je viens d'apprendre gràce à un forum sur internet qu'on peut refaire gratos le plein (d'énergie) à Eunate !". Cette superbe et étrange chapelle est en effet bizarrement plantée nulle part au-milieu des champs. Il est vrai que ce genre d'édifice est habituellement placé dans un site remarquable. Là, rien de tout ça. Il doit bien y avoir une raison...

Pour m'imprégner de l'atmosphère du lieu, je fais une fois le tour (à pied) puis j'entre, puisque la chapelle est miraculeusement ouverte (c'est la 3° fois que je viens là et j'avais toujours trouvé porte close). Je ne suis pas spécialiste en spiritualité, plutôt du genre "tout terrain", mais je reconnaîs que l'endroit dégage quelque chose, sensation largement amplifiée par la diffusion d'une musique un peu planante, judicieux mélange de Pink Floyd et de chant grégorien !

Je m'assois quelques minutes et pratique le "vide mental" dans ma tête, ça repose aussi les jambes. Je croyais être seul, mais une sihouette féminine se détache sur un des bancs... Suffisamment regonflé, je ressors et me dis que je vais tester immédiatement le bénéfice de cette courte séance sophrologique. Mais le chemin est trop facile jusqu'à Puente la Reina et ce n'est pas la petite bosse d'Obanos qui me permet de juger. Tant pis, ce sera pour une autre fois car le temps est orageux. Je préfère revenir à Roncevaux en bus.

L'histoire pourrait s'arrêter là, mais...

Malédiction ! A cause de la feria de Pampelune, et malgré la mise à disposition d'un bus supplémentaire, il n'y a pas de place pour moi, je dois attendre 3 heures ou rentrer à Pampelune par la RN.

Longue et éprouvante ligne droite avec une méchante montée vers le portillo del Perdon, quelle galère par la route ! mais la magie d'Eunate est bien là car la machine humaine assure bien moralement et physiquement. Au point qu'arrivé à hauteur du col, je prends instinctivement (ah, l'appel du chemin !) la petite route à droite qui continue de grimper le long des éoliennes pour rejoindre le camino, que je descends à fond les taquets (il n'y a plus personne en face) jusqu'à Pampelune.

"Ca suffit pour aujourd'hui, rentrons" me dis-je, et je tournicote encore une demi-heure dans cette ville sans signalisation, au milieu des festayres rouges et blancs, pour retrouver la gare routière. Re-malédiction, il est 14h00 et le bus pour Roncevaux part à 18h00 !

"Eunate à moi ! me dis-je, tu vas en avoir bien besoin pour te taper les 50 bornes de route avec tout plein tout plein de méchantes montées vers Roncevaux!".
Après avoir encore effectué gratuitement quelques kilomètres supplémentaires pour sortir de la ville, toujours à cause de la signalisation défaillante, j'embraye la RN, plutôt tranquille celle-là, qui grimpe vers la frontière espagnole. Je ne vous décris pas le parcours en détail, mais le puerto de Erro, dans l'autre sens et par la route, il grimpe pendant 5 bornes, et celui de Mesquirriz, il n'en fait que 3, mais placé qu'il est sur la fin, ça craint ! J'ignore si Eunate était encore avec moi, mais après avoir grimpé tout ça plutôt facilement, je suis arrivé à Roncevaux en bon état.

Faut dire que :
- J'ai carburé aux boissons sucrées pendant les montées (ce que je ne fais pas habituellement)
- Ce n'est pas la première fois que je démarre une journée dans le yaourt et la termine plein pot.
- Que cinq minutes dans la chapelle, ce n'est certainement pas suffisant pour recharger complètement les batteries.

Quoi qu'il en soit, c'est sûr, la prochaine fois, je fais comme certains, j'y passe toute la nuit, comme ça j'irai jusqu'à Santiago sans m'arrêter !

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