A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Une institution sur le chemin
Carnets de route de l'aumônerie Ste Marthe-St Front (1° partie)

Textes choisis

Bergerac, le 15 juillet à 15 h. Le groupe (17 marcheurs et 12 vététistes) se retrouve autour du car avec beaucoup de joie et d'enthousiasme et aussi un peu d'inquiétude sur ce qui nous attend. Parents, jeunes (de 15 à 20 ans) et animateurs s'affairent pour charger le car, ranger les sacs, les VTT, les tentes et l'intendance (réchauds, gamelles, bouteilles de gaz, nourriture, etc…). En effet, nous serons en autonomie totale (camp de toile et repas) mais nous retrouverons le car tous les soirs.

16 juillet, 1ère étape, Ponferrada - Pereje, 28 km + 6km

6 h du matin, arrivée à Ponferrada. Les vététistes, encore tout endoloris de la nuit passée dans le car récupèrent leurs vélos et leurs sacs à dos. 6 h 30, 1ère crevaison avant même le départ grâce à Adrien qui a voulu tester le VTT de Guillaume. Grrr! Départ vers 7 h après le petit déjeuner et le 1er tampon sur la créanciale. 7 h 15, aïe 2 motards de la police nous arrêtent. Quel départ ! Mais rien de grave, c'est juste pour nous escorter jusqu'au début du chemin. Sympas!

Premiers kilomètres

L'étape est plate jusqu'à Cacabelos par contre ensuite 6 km d'ascension en faux plat (2 à 3%). Le paysage change après Cacabelos et on voit au loin se profiler les montagnes qui nous attendent pour les jours prochains. Nous arrivons à Villafranca, premier coup de cœur, magnifique bourgade, son château, les églises, les maisons, le parc et les nids de cigognes un peu partout en particulier sur l'église San Andrès. Statue de pèlerin sur le pont de fer.

Nous allons jusqu'à Pereje pour le tampon et ceci pour économiser des km de l'étape de demain (dure). La liaison Villafranca - Pereje se fait par la RN6, pas très agréable. Éviter surtout le tunnel qui est dangereux à pieds ou en vélo, il vaut mieux contourner la montagne. Retour à Villafranca, très lent, Ludivine crève 3 fois, elle doit le faire exprès! En effet nous dormons ce soir chez le senor Jato, 500 m avant le château, qui met à notre disposition sa grange et son champ.

Nous retrouvons le groupe des marcheurs. Dans la grange, sanitaires rudimentaires avec l'eau des douches qui descend directement de la colline. Brrr! Le groupe s'organise et échange les vécus de la première journée de notre pèlerinage. Il fait bon, nuit calme et reposante.

17 juillet, 2ème étape Pereje - O Cebreiro, 23 km

L'étape qui nous inquiète. Ce soir, nous dormons à 1300 m d'altitude. Après le réveil, les différents groupes sont en action. Petit déjeuner, vaisselle, pliage des tentes, rangement du camp, chargement du bus, préparation des sacs à dos et il en sera de même tous les soirs et tous les matins. 2 heures pour lever le camp.

Montée sur O Cebreiro

16 km tranquilles dans la vallée abîmée par la construction d'une autoroute. Pique-nique à Valcarcel et ensuite 7 km d'ascension à 10% de moyenne. Nous montons par la petite route, le chemin est peu praticable pour les VTT. Il ajoute à la difficulté de la montée. De nombreux pèlerins montent aussi par la route ce qui nous permet de rythmer notre ascension avec des "buen camino" et des "ola". Montée éprouvante mais dans un décor grandiose et quelle récompense à l'arrivée. O Cebreiro, magnifique sanctuaire. Sa chapelle et ses pallozas.

Le groupe des marcheurs arrive dans le même état de fatigue que nous. Nous installons nos tentes dans le pré qui arrive au refuge. D'un seul coup le vent se lève, la température chute à 5°C. Nous nous réfugions dans le fossé qui borde le refuge pour cuisiner. Tempête de vent en vue. Nous faisons connaissance avec un groupe de jeunes Rennais. Nous les croiserons tous les jours sur le chemin et souvent nos camps seront voisins. Le vent forcit encore écrasant les tentes. Nuit froide, pas calme, un peu sur le qui vive et donc peu reposante.

18 juillet, 3ème étape O Cebreiro - Triacastela, 21,5 km

O Cebreiro est dans les nuages, nous aussi. La température d'après le chauffeur du car est de 2°C. Or aujourd'hui 13 km de descente nous attendent ( de 1320 m d'altitude à 665 m). Difficile de plier le camp, tout est humide, le moral en prend un coup. On grelotte dans nos polaires. On décide de glisser nos ponchos en plus sous les blousons pour se protéger du froid et en selle. Le paysage est somptueux, enfin ce que l'on peut en voir.

Nous montons jusqu'à l'alto San Roque, petite photo du groupe au pied de la statue du pèlerin qui tient son chapeau d'une main. Nous, on comprend bien pourquoi !

Montée impossible à l'alto do Pio (500 m à plus de 20% qui nous amène au refuge à 1320 m d'altitude). Puis les 13 km de descente ce qui pour un vététiste, même en pèlerinage, est un régal. Nous maîtrisons cependant notre vitesse lorsque nous rejoignons d'autres pèlerins et nous les doublons avec beaucoup de précautions. Mais malgré tout nous recevons quelques réflexions sur notre présence en VTT sur le chemin.

La poisse

Étape remarquable par la variété des chemins et des paysages. A Triacastela, nous installons nos tentes en bas du pré à côté du refuge. A peine terminé, la pluie s'installe et le moral prend un coup supplémentaire surtout que ce soir il y a de la mécanique à faire, quelques freins à régler après la descente, une tige de selle, des crevaisons lentes.

Éric met en place un abri de fortune pour cuisiner. C'est aussi le deuxième soir où le groupe se surprend à penser qu'il se passe quelque chose au fur et à mesure de notre progression vers St Jacques. Une solidarité déjà éprouvée à O Cebreiro, un dépassement de soi, un besoin de partage...

L'aumonier: jean-michel.bouygues@wanadoo.fr
Moi-même: dourdoignephilippe@neuf.fr

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