A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Les petits miracles du camino

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Jaca. Levés à 7 heures, après une nuit de facheuse promiscuité avec des ronfleurs dans le dortoir, et des fêtards sous nos fenêtres, qui ont animé les rues avoisinantes jusqu'aux petites heures.

Nous endossons nos sacs et reprenons la route. Devant la Cathédrale nous admirons les œuvres de dizaines de bénévoles qui, à demi-couchés, sont en train de décorer la rue et la place, de compositions florales. Travail magnifique à base de fleurs de toutes couleurs : pétales de roses, soucis, iris, tous se hâtent de dessiner sur le macadam des tableaux religieux, des emblêmes, qui seront dans quelques heures piétinés par la foule d'une procession religieuse. Dommage que nous soyons obligés de reprendre le Chemin car j'aurais bien aimé assister à cette démonstration de foi populaire.

Nous partons vers Santa Cilia de Jaca d'abord en suivant une route nationale puis, sur les renseignements des gens rencontrés la veille, nous plongeons sous la route en obéissant à un flêchage approximatif. Nous rencontrons un pèlerin, qui vient à notre rencontre. Preuve que nous sommes sur le bon sentier. Mais pourquoi dans l'autre sens. C'est que, tout simplement il … revient…de Compostelle. C'est un Français qui a déjà accompli l'aller et presque le retour ! 2000 kms déjà ! C'est fou !

En attendant il nous confirme que nous sommes sur le bon chemin.

Le flêchage est sincèrement rare. Nous traversons de nouveau la route et nous engageons sur un bien meilleur sentier, qui monte très fort mais qui est à l'ombre. Au début, tout va bien mais lorsqu'il s'agit de redescendre vers Santa Cilia, le chemin devient impraticable : pierres roulantes dans des ornières profondes de 50cm. Ravinées par la pluie. Colette manque tomber, et pour rétablir son équilibre, elle fait un faux mouvement, se tire un muscle à l'aine et se tord un genou. C'est à 2km/h que nous atteignons Santa Cilia.
Halte bienvenue. Il est midi.

Nous prenons deux sandwiches dans un restaurant bourré de motards qui participent à une concentration en Harley Davidson. Le restau présente la particularité de possèder un barbecue sur table circulaire qui occupe tout le milieu de la salle. Très beau.

Colette a suffisamment récupéré pour reprendre la route, mais elle souffre et il lui faut une bonne dose de courage pour continuer. En cours de route, le soleil tape assez fort, et nous l'avons sur la nuque. Risque grave de coup de soleil. Au moment où nous faisons cette constatation, nous trouvons sur le bas côté de la route, un foulard tout neuf, perdu sans doute par l'un des motards Harley Davidson que nous avons cottoyés au restau. C'est un coup de Monsieur Saint Jacques qui ne voulait pas perdre aussi prématurément une pèlerine comme Colette. Merci.

San Juan de la Pena

Nous arrivons tant bien que mal à Puente la Reina de Aragòn. Il faut bien préciser : de Aragòn, car il y a une Puente la Reina de Navarra où nous serons dans quelques jours. Hôtel del Carmen. Ouvert mais plein comme une huître car c'est un week end de Foire Agricole. Bien qu'il soit 4 heures de l'après midi, le restaurant est en plein boum, et le patron de l'hôtel, ne s'intéressera à notre sort qu'au bout de 45 minutes. Interminable ! Pourtant, j'ai dû, moi aussi, être touché par la grâce divine car, docile dans mon coin je ne râle pas, je ne réclame pas, je ne casse rien, non, calme, j'attends. Saint Jacques vous dites ? Un miracle oui ! et un double s'il vous plait, car, si nous étions arrivés la veille, nuit de samedi à dimanche, nous n'aurions pas trouvé de chambre. Foire oblige.

Jean-Paul

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