A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

La Romieu - Arthez de Béarn

Textes choisis

MERCREDI 10/07/2002 : 81 km

7 h : Réveil difficile pour tous. La tempête a fait "rage" toute la nuit. Les tentes sont bien mouillées, le petit déj se prend dans l'humidité ambiante. Les visages sont un peu moroses, tous nous espérons que la journée ne sera pas faite que de pluie. Il faut maintenant songer à sécher les tentes ou du moins à bien les nettoyer.

9 h 15 : Départ le plus tardif de notre périple. Allez, il faut y aller, nous laissons La Romieu sous la grisaille, même si nous sentons bien que la journée risque de virer au beau. Je prends le volant direction l'étape finale de notre journée à savoir Nogaro. Je vais attendre tout le monde à Condom. Oui, je sais, allez pas de mauvaises pensées. Et c'est au cours de cette étape matinale que Jacques, Armel et Patrick ont déguisé leurs vélos en "torchis" ambulants. La gadoue colle aux roues comme de la glue.
Eh oui, finies les côtes bien raides, les descentes parfois casse gueules et un peu techniques. Ici, maintenant le paysage est beaucoup moins varié, mais il faut tout de même pédaler pour y arriver à bon port.
Donc pas de problème majeur pour arriver à Montréal à 12 h 15 où nous mangeons de bon cœur mais frugalement.

13 h 35 : Pat sonne le départ en prenant la direction des affaires et surtout en se mettant au volant. De nombreux passages herbeux dans les vignes, mais aussi quelques kilomètres avant Eauze, sous une chaleur qui est réapparue, le ballast d'une ancienne voie ferrée qui nous permet d'avancer à une bonne cadence et surtout de bien se reposer en plaçant le grand plateau.

16 h : Arrivée à Eauze, la chaleur s'est bien installée. Nous nous reposons quelque peu, nous grignotons et nous repartons tranquillement vers Nogaro et son circuit automobile.

17 h : Notre étape prend fin, nous arrivons donc à Nogaro. L'étape n'était pas très dure physiquement, mais notre nuit fut perturbée et nous avons tous constaté que nous avions plus de mal à récupérer alors. Et de rage, on s'est enfilé deux bonnes bières bien fraîches pour faire passer les efforts de la journée... d'une traite. Puis direction le camping municipal pour planter les tentes, se doucher et se préparer à nouveau au repas du soir. Toujours le même rituel. Nous demandons des pâtes, la bonne dame refuse, ce n'est pas au menu. Oui, c'est sûr mais nous devons prendre des forces. D'autant plus que la pluie est de retour et va marquer encore notre nuit. A demain... de bonne heure et de bonne humeur.

JEUDI 11/07/2002 : 87 km

7 h : Le réveil est plus tardif pour notre dernière journée. Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin ! Le temps est maussade, pour un vététiste la question du temps qui fera dans la journée revient souvent car c'est important tant pour le déroulement de l'étape que pour le moral. J'ai beaucoup de mal à me mettre en train en ce début de journée. Je me regarde dans un miroir et là je vois non pas deux magnifiques poches mais carrément deux malles de voyage sous mes yeux. !!

8 h 30 : Départ pour Artez-de-Béarn que nous avons prévu de rejoindre à la fin de la journée soit un périple d'environ 90 km. Jacques prend les commandes de la 205 pour la première étape jusqu'à Aire sur l'Adour. Les chemins à emprunter restent faciles musculairement et assez roulants.

10 h 30 : Nous arrivons à Aire sur l'Adour. Un peu d'étirements avant de repartir en direction de Miramont-Sensacq. Le temps se met au beau et le moral de la troupe remonte, on rigole et on plaisante à nouveau sur la condition physique des uns et des autres. On ne distribue plus des bons ou des mauvais points, car la route est facile et très routinière. Patrice prend le relais au volant pendant que nous pédalons tranquillement au milieu des champs de maïs et des vignes.

13 h : On se retrouve à Miramont-Sensacq pour l'un de nos derniers casse-croûte. Et là, pour la première et dernière fois, on s'accorde une petite sieste salvatrice et réparatrice, bien allongés sur la pelouse devant l'église. Peinards, cools, décontractés, quasiment sûrs de notre fait et pour nous de notre exploit. Nous avons bien relevé notre défi.

14 h : Allez on lève le camp et on repart ! Nouveau changement de chauffeur, je suis aux commandes de l'engin motorisé, direction Arzacq Arraziguet. Le paysage va changer, les bosses réapparaissent, les difficultés reviennent. Tout ceci n'est pas vraiment pour nous déplaire, allez, une bonne difficulté pour le fun suivie d'une bonne descente, histoire de s'éclater un peu et d'avoir des souvenirs.

15 h 15 : Ils arrivent déjà !! J'ai même pas eu le temps de prolonger ma sieste, juste eu le temps de faire sécher les tentes près de l'église en plein milieu du bourg.

15 h 30 : Armel se met au volant, il ne fera pas la dernière partie de notre escapade qui doit nous mener à Arthez-de-Béarn. On approche des Pyrénées et on le sent, les côtes sont plus marquées, le physique est parfois à la peine... mais on y croit... on va y arriver... au bout... Un petit effort... encore une bosse à franchir... une descente ensuite... Quand ça monte forcément ça redescend... la réciproque est aussi vraie... et ainsi de suite ... A15

18 h 30 : Nous avons franchi ces 23 derniers kilomètres en presque 3 heures !! Cette étape finale est la plus longue du séjour. Mais quand nous arrivons à bon port, Armel a gagné 2 points. Il s'est sacrifié et a dressé tout seul, avec ses petits doigts, les deux tentes pour ses petits camarades. Super Armel, t'es vraiment un chef, "Patron, une dernière mousse, Non !! Mettez-en deux !!".

19 h : Nous décidons d'un commun accord qu'un bon petit resto serait le bien venu pour clore cette aventure sportive. Et là, on se laisse vraiment aller, un apéro, un digestif, le sport c'est aussi ça, tous les bons moments passés ensemble !!

22 h 40 : Alors que le cirque Zavatta se prépare pour déménager le lendemain matin, nous nous retrouvons dans une des tentes pour rédiger les dernières lignes de ce compte rendu. Nous nous sommes promis de recomposer l'équipe des "Mickey" comme dit Jacques pour préparer d'autres aventures. Pourquoi pas continuer jusqu'à Saint Jacques de Compostelle ? Pourquoi pas, faire plus simple pour changer et traverser tout simplement la Bretagne de Redon à Brest par les petits chemins et non par le halage ?
Une super expérience, une bonne équipe, beaucoup de solidarité et d'amitié …6 mois pour taper le compte rendu… et que de souvenirs plein la tête en relisant ces quelques lignes… en regardant les photos ou en s'attardant sur les tracés.

Amitiés à vous trois. Kenavo da wech'all Phil.

Philippe

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