A VTT sur les chemins de Compostelle
Carnets de route

Le Puy en Velay - Aubrac

Carnets de route

14 Août, Jeudi, le Puy en Velay - Aumont-Aubrac

C'est le premier jour, tout le monde est levé à 7 heures et ça ne traîne pas trop pour se préparer. La nuit a été légèrement arrosée (par la pluie). Le ciel est encore gris et bas, mais il ne pleut pas. Cela nous suffit. Nous fixons comme première étape le tronçon Le Puy-St Privat d'Allier. A vue de nez, cela devrait prendre moins de deux heures, mais nous ignorons tout de la nature du terrain.

S'il y a beaucoup de cailloux et de portage, la moyenne risque de chuter de façon vertigineuse et les deux premiers chauffeurs de poireauter plus longtemps que prévu. Ce sont les aléas et les charmes du VTT, là où le piéton passe, le VTT ne passe pas forcément. Il faut savoir lire entre les lignes des guides pour le deviner. Petit déjeuner, démontage des tentes, enfilage des maillots, vérification du matériel, réparations de dernière minute (dans le lot, il y a toujours un pneu à plat ou un dérailleur déficient), la routine…

8h00. Nous contournons le centre ville pour, je l'espère, gagner un peu de temps et prenons la direction de Vals par la route. A Vals, malgré la carte, impossible de trouver le balisage du chemin et nous nous embarquons d'entrée sur une fausse piste. Le ciel est chargé, où donc se trouve le soleil ?! Finalement, je flaire la mauvaise direction à un indice simple et bien connu des randonneurs : ça ne monte pas assez !

Nous rebroussons chemin, revenons dans Vals et grimpons raide vers le GR que nous finissons par trouver grâce aux précieuses indications d'un autochtone. 5 minutes de gagnées grâce au contournement du Puy, 30 minutes de perdues pour retrouver le GR, c'est rentable !

Premiers coups de pédales
Sur le plateau au-dessus de Vals, le chemin est large, très large même, mais les cailloux sont épais et saillants. Heureusement que nous ne sommes pas chargés, et nous réussissons à atteindre la D589 sans même, honte suprême du vététiste, poser le pied à terre.
Nous doublons déjà nos premiers pèlerins, et nous en doublerons bien d'autres encore.

Au delà, le chemin devient plus carrossable jusqu'à la Roche. Derrière ce hameau très pittoresque, il longe un vallon un peu escarpé et le sentier, très étroit, nous oblige à des prouesses techniques. Nous avons le temps d'échanger quelques mots avec un pèlerin qui est parti de Vèzelay pour rejoindre le Puy, puis suivre le chemin jusqu'à Compostelle.

A partir de St Christophe, le chemin est roulant, relativement plat. Nous traversons les hameaux de Tallode, Liac, Ramourouscle et nous atteignons Montbonnet en très peu de temps. Au passage, T. nous fait remarquer les champs de lentilles.

Nous sommes un peu à la bourre, et pour ne pas faire attendre davantage les deux premiers chauffeurs, nous prenons la D589. Dommage, j'aurais bien aimé monter au lac de l'Oeuf. G. en profite pour sortir son portable et, tout en pédalant, vérifier que la technologie moderne a bien frappé jusqu'au cœur de la France profonde. Et ça marche ! C'est de bon augure pour nous éviter d'éventuels problèmes de communication.

Pause au Chier

10h30. Nous rattrapons le GR au Chier. Avec un nom pareil, T. nous oblige à faire la photo de groupe sous le panneau. C'est de l'humour vététiste. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire comme concessions quand on est en groupe !
La descente sur St Privat est assez raide et caillouteuse, mais très plaisante. Finalement, nous arrivons à St Privat en moins de deux heures. F. et M. n'ont pas eu le temps de trop s'ennuyer, mais ils sont équipés et prêts à partir. En nous attendant, F. a déjà eu le temps de grimper 3 fois la côte à rebrousse chemin.


________________________________________________________________________________________________________

Je suis de service comme chauffeur. Je recommande au groupe d'être prudent dans la descente sur Monistrol car d'après la carte, le GR coupe droit dans les courbes de niveau. La lecture du guide m'a également appris que la remontée au-dessus de Monistrol était très sévère : on y parle de sentier très raide et même de main courante. Passer à VTT sur une main courante, hmm… Mais comme on ne m'écoute pas beaucoup dans ce club …

11h30. Avec R., nous emmenons donc véhicules, remorques et matériel à Saugues. Là, j'entame une visite consciencieuse du village et relis le guide sur l'histoire de la région. Pendant ce temps, R. en profite, lui, pour piquer un premier roupillon. Chacun ses besoins... Nous faisons les achats de ravitaillement avant la fermeture des magasins et préparons les sandwichs. Il fait soleil, mais pas trop chaud, le temps idéal quoi. R. repique un petit somme.

13h00. Le groupe arrive à Saugues, ce qui réveille R. Comme je le suspectais, ils m'ont écouté mais pas entendu. Dans la descente sur Monistrol -qui soit dit en passant est raide mais techniquement faisable- M. s'est pris un vol type saut périlleux avant par-dessus le vélo. Il se plaint beaucoup du coude, mais n'envisage pas de s'arrêter, alors qu'il n'a encore donné que quelques malheureux coups de pédale. Pour la remontée, là j'ai bien été entendu, mais à mi parcours, quand le GR recoupe la route de Sauges, la pente redevient raisonnable, du type 22 devant et 28 derrière, les connaisseurs apprécieront. C'est là que M. a eu très mal, car il est préférable d'avoir au moins deux bras sur un tel terrain. Le reste, à les entendre, c'est de la promenade.

Je reprends le vélo, et tournicote pendant que les autres terminent leur festin. Nous repartons. T et C prennent les véhicules. Le parcours semble nettement moins accidenté. Le chemin large, forestier, est très roulant. Au passage, nous admirons la Clauze avec sa drôle de tour perchée sur un caillou. A la sortie du hameau, nous rencontrons nos deux chauffeurs et quelques traîtres en profitent pour se faire tirer. M. a de plus en plus mal et monte dans une voiture pour voir un toubib à St Alban.

Des crocodiles sur l'Aubrac
Au Villeret d'Apchier, je cherche désespérément les crocodiles, lions et autres bestioles sculptées sur les linteaux. Impossible d'en apercevoir ! Ou bien ils sont camouflés, ou bien nous sommes passés trop vite dans le village. Inconvénient du vélo !…Pus tard, je les verrai enfin … à la télé, dans une émission sur les chemins de Compostelle.

15h00. Toujours du bon chemin dans la vallée de la Virlange. On peut enfin bavarder tranquillement, sans risquer à chaque instant de se casser la g… En revanche, le ciel s'alourdit, lentement, mais sûrement. Au loin, on perçoit des grondements. La bête du Gévaudan ? Je me rassure : non, elle aurait été tuée voilà plus de deux siècles.
- P… ! T'as vu l'éclair !!!? et S. dissipe mes derniers doutes.
Course contre la montre, c'est du chacun pour soi, dans la montée sur route vers l'Hospitalet. C., à court d'entraînement, est à la bourre. Je me retourne de temps en temps pour vérifier qu'il n'a pas été dévoré par la bête. Devant, les autres, la bande d'égoïstes, ont déjà filé. Jusqu'où vont-ils aller ?
La pluie nous colle aux fesses mais nous faisons de la résistance. Finalement, tout le monde se retrouve au refuge de l'Hospitalet. Il ne pleut toujours pas, malgré les menaces très très lourdes. Nous décidons de repartir à fond la caisse.
- Comme ça, l'orage va passer derrière nous, dis-je, tout aussi péremptoire que visionnaire.

Dans ces conditions, pas question de prendre le GR. Et moi qui voulais faire une escale au domaine du Sauvage. Je me console en l'apercevant de loin, mais je n'ai pas le temps d'en parler aux autres, ils ont déjà fui. Juste avant la Roche, c'est l'averse orageuse, la belle, bien noire et bien drue, imprévisible quoi.

Pèlerins et pèlerines
Avantage sans égal du vélo : en quelques secondes, nous nous retrouvons bien à l'abri dans une grange à l'entrée du hameau. Je pense à ces pèlerins - ils étaient plusieurs groupes - que nous avons dépassés quelques minutes auparavant. Ce déluge doit leur transpercer la pèlerine et la peau ! Et pas un abri autour d'eux dans un rayon de trois kilomètres !

16h00. La pluie joue les prolongations. Dans la grange, une fois dissipée la chaleur de l'effort, le corps se refroidit. Certains se couchent dans la paille, d'autres grignotent. T. raconte quelques blagues, mais elles ne nous réchauffent pas. Je pense à un bon chocolat bien chaud. S. n'a que son maillot court :
- T'as pas froid ?
- Moi ? non ! ...

C'est beau la jeunesse.
Le soleil risque une timide apparition, mais les nuages menacent toujours. Ca sent la récidive. Les premières cruelles dissensions apparaissent dans le groupe : il y a ceux qui veulent continuer tout de suite et ceux qui préfèrent assurer le coup en attendant encore un peu. Finalement, la situation se débloque grâce à la remarquable stratégie du "chacun fait comme il veut".
Il y en a bien un ou deux qui font la gueule, mais S. (qui doit quand même se les geler un peu) et moi, on décide de rester. Les courageux rejoindront St Alban par la route et demanderont aux chauffeurs de venir nous chercher. Le groupe se scinde au moment où la pluie semble vouloir cesser. Au bout de 10 minutes, un satanique soleil radieux pointe à l'horizon. Plus rien à faire dans cette grange ! On n'a qu'à descendre, on croisera bien le véhicule qui doit venir nous chercher.

16h15. La route est encore humide, mais la descente est belle. En quelques minutes, tout est sec. Comme prévu, nous croisons T. venu à notre secours. Sans râler (ce qui est exceptionnel dans ce club), il fait demi tour et retourne à St Alban. En arrivant à St Alban, nous apprenons que le toubib a envoyé M. passer une radio. L'heure avance, il nous faut garder un peu de temps pour gagner Aumont Aubrac, trouver un camping, se laver, s'installer…

Le temps que les acharnés arrivent, nous trouvons un camping sous les pins, rustique mais agréable, bien à l'abri du soleil. L'orage s'est évaporé. Nous revenons à Aumont prendre livraison des derniers courageux et faire quelques achats pour la journée de demain. Retour de M., le bras en écharpe. Diagnostic : fêlure du coude. La rando est déjà terminée pour lui.

________________________________________________________________________________________________________

15 Août, Vendredi, boucle sud de l'Aubrac

L'Aubrac, une région superbe, un peu ignorée du tourisme. Nous choisissons donc de ne pas la traverser trop vite, mais d'y faire une rando en suivant le circuit balisé "Tour de l'Aubrac". Ce sera une journée entièrement consacrée à la rando à VTT, sans étapes ni arrêts prolongés, sans avoir besoin de démonter et remonter les tentes.

Coup de bol, nous arrivons au camping en même temps que les premières gouttes. Et là, ça se met à tomber, mais alors, vraiment tomber, pendant une heure.

Sur l'Aubrac

Réfugiés dans les douches, nous attendons la fin du déluge. L'eau monte de plus en plus et commence même à envahir la salle ! F. en profite pour nous jouer "singing in the rain" à poil sous l'averse. Dans quel état vais-je retrouver ma tente ?Au bout d'une bonne heure de pluie et de vacarme incessants, le calme revient.

Je ne suis pas déçu. Tout baigne…, enfin, façon de parler ! Le matelas mousse est de qualité : il n'a pas coulé. Le reste des affaires flotte plus ou moins, c'est une question de densité. J'avais pourtant choisi un bon emplacement, dans un petit creux, entre les pins ! Cette nuit, j'irai dormir dans la tente de M., elle est presque spacieuse.

Repas au même restaurant qu'hier, cette fois-ci pour cas de force majeure. A la sortie du resto, il pleut encore un peu, mais la nuit sera finalement calme.

Accueil
Accueil
Aubrac - Figeac