A VTT sur les chemins de Compostelle
VTT et chemins

Du côté des marcheurs
Le point de vue des bipèdes. A méditer...

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Les VTT vous énervent, vous irritent, vous amusent, vous indiffèrent, vous emm... carrément. Amis marcheurs, cette page est pour vous. Coups de gueule, petites histoires, anecdotes, sentiments, conseils, remarques. N'hésitez pas à le dire et à l'écrire.
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Pour simplifier, j'aurais tendance à affirmer que les vttistes isolés ne posent pas problème mais que le désagrément apporté aux marcheurs provient de ceux qui se déplacent en peloton. Il existe bien sûr de nombreuses exceptions pour confirmer cette règle. Toutefois il ne me paraît pas honnête de généraliser les comportements constatés à l'occasion de mes rencontres avec les uns ou les autres. D'autant qu'il me faudrait aussi prendre en compte la nationalité des perturbateurs. Des vttistes isolés, je n'ai que peu à dire sinon qu'ils sont généralement aussi sympas sur le sentier qu'agréables à l'auberge.

Reste les groupes... Il semblerait que le fait de mettre pied à terre, surtout en zone difficile, soit ressenti comme une honte par le vttiste de groupe. D'où découle, je le suppose, une hargne, souvent mal dissimulée, lorsqu'il découvre sur son passage un intrus lourdement bâté qui va l'obliger à ralentir, ou à déplacer son pied un peu plus bas que sa pédale.
Certains ont résolu le problème en utilisant une corne de brume qui signalera de loin leur approche. Mais ils ont vite découvert qu'il est bien plus divertissant de ne la déclencher qu'à la dernière seconde et de se divertir du saut de cabri hilarant que la surprise provoque chez le pauvre marcheur isolé dans ses pensées. La présence du groupe étant, par ailleurs, une protection contre les velléités de représailles parfois manifestées par la victime.

Saint Jacques, heureusement, fait parfois bien les choses. Et je conserve le doux souvenir de l'un d'entre eux, isolé, rencontré un kilomètre après avoir été ainsi dépassé, occupé à réparer une crevaison. Ce n'est que par pure inadvertance, je vous l'assure, que j'ai marché sur sa pompe qui, somme toute, n'avait rien à faire sur le sentier....

Ces groupes parfois décident d'agrémenter leur étape du jour d'une compétition quelconque. J'en ai rencontré, par exemple, qui devaient, ce jour-là, faire apposer sur leur credencial un maximum de cellos dans un minimum de temps. Et si l'hospitalero ne se déplaçait pas assez vite, ils se précipitaient sur le cello, généralement posé sur une table à l'entrée, pour l'apposer rapidement eux mêmes. Puis, sans bonjour ni bonsoir, et tout en se bousculant, ils rebondissaient sur leur monture respective en direction d'une prochaine et irrespectueuse impudence.

Je voudrais terminer par une anecdote, qui m'avait profondément réjoui sur le moment, mais dont, à la réflexion, j'ai tout lieu d'avoir honte. Mon sac à dos avait été, la veille, déplacé du lit du bas vers celui du haut en mon absence par un quidam inconnu mais qui faisait partie, justement, d'un peloton. Je m'étais alors promis de tirer vengeance (vindicta en langue corse) de cette engeance.
Et voilà qu'arrivant à la Cruz de Ferro tout un groupe de vttistes espagnols était là, accompagné d'un minibus, et s'entre-photographiant à qui mieux mieux. Or, l'un d'eux eut la malencontreuse idée de me demander, pour une photo du groupe au complet, fièrement campé en haut du tas de pierrailles, de tenir l'appareil. Joie !!
Je les ai cadrés du mieux possible. Prenant grand soin de leur couper, à tous, la tête... Et je me suis souvent complu à imaginer la leur au vu du résultat.
Jean Claude
Forum Groupeducamino

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Sur le Camino, ce sont surtout les motos tout terrain qui se sont montrées les plus désagréables (par exemple sur l'Aubrac !). En ce qui concerne les vététistes je n'ai plutôt rencontré que des gens respectueux des pèlerins à pieds. Ceci étant je ne suis pas d'un naturel irrespectueux de l'autre mais il m'est arrivé quelques fois d'obliger un vététiste à un arrêt un peu brutal car je ne bouge guère de mon chemin si l'on ne prend pas la peine de m'avertir avant ou seulement au dernier moment... (Une fois, je me souviens dans une descente dans les buis dans la première étape après Ronceveaux...!).
Je n'ai pas refait le Camino espagnol depuis 1998... il parait que cela a beaucoup changé !!! Voilà ce que je peux dire... Sinon, le Camino est pour tous, et chacun doit respecter l'autre. Ce qu'il convient de faire lorsque l'on subit un manque de respect évident d'un vététiste ou autre d'ailleurs, c'est du ressort de l'individu et non légiférable"... humilité, pardon, écoute, ouverture, prière... enfin c'est le Chemin !
Jean Marc
Forum Groupeducamino

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MESSAGE DE FONDS A UN FUTUR PÈLERIN
Le chemin de St.Jacques est avant tout initier le pélerinage à Compostelle d'un trait et partant de chez soi. C'est un chemin spirituel et/ou religieux, dont le respect et l'enseignement sont prioritaires. Il doit donc se faire à pied et à la rigueux à dos de mulet ou de cheval. Le velo ne s'adapte pas au chemin, ni au silence car la plupart du temps il doit emprunter les routes surchargées de véhicules bruyants qui empêchent la méditation. La vitesse est un obstacle pour le pèlerin qui fera écran avec le fonds cosmique dans lequel il se plonge dès qu'il marche vers la Galice.
Malheureusement tous ceux qui pensent joindre Compostelle à vélo, pour des prétextes de temps, etc... ne font que tomber à nouveau dans l'erreur, répétant celle que toute la société occidentale fait, courrir pour arriver plus vite.... (á vous de terminer la phrase si tout au moins cela vous inquiète.
Notre Chemin de St.Jacques est notre sauveur.
Pélerín, réfléchis bien avant de commencer cette aventure exceptionnelle qui est très personnelle, celle de te retrouver avec notre très cher Saint Jacques.
Consacre lui au moins ton temps et en même temps ton amour car cela n'a pas de prix!

Sylvia
Espace échange du 02-08-02

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(..) Les Vététistes sont nombreux, pour la plupart Espagnols ou Italiens ; évidemment ils doubleront le pèlerin à pied que je suis, mais toujours avec prudence et courtoisie, et souvent en lâchant au passage en signe d’encouragement un « Buen Camino » chaleureux. Dans leurs tenues fluo d’hommes-grenouilles égarés sur la terre ferme, ils forment cependant un monde à part, des sportifs attentifs au bon état de leur machine (le camion-atelier les suit, prêt à intervenir) et préoccupés par leur moyenne. Le piéton tout au contraire se félicite de mettre respectueusement ses pas, un pied puis l’autre, dans les traces des pèlerins d’antan. Invisibles, mais présents, ces précurseurs habitent toujours le chemin, lui donnent une âme, et protègent avec attention et bienveillance le nouveau venu qui progressent sur leurs traces. Le Vététiste ne s’est pas détaché sur la piste qu’il parcourt en pédalant du monde qu’il vient de quitter : Dans la longue et abrupte descente vers Astorga, avant la Cruz de Santo Torribio, un peloton d’Américains s’arrête à ma hauteur, ils ont perdu le plus jeune d’entre eux qui s’est « échappé » pour finalement se tromper d’itinéraire ! Un tonitruant « Vive la France » ponctue leur départ ; comme parfois certains Espagnols, il salue ainsi le refus de la France de participer à la guerre d’Irak ! Cette allusion à l’actualité, importune par son intrusion dans le pèlerinage, reste exceptionnelle. (...)
Pierre
Extrait d'un texte publié sur le site des Pyrénées Atlantiques

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