A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Des épines sur le camino

Textes choisis

Juste avant de parvenir à BURGO RANERO, après le passage de l'Arroyo del Oso (ruisseau de l'Ours), une stèle marque le lieu où un Pèlerin allemand, un certain Manfred Friedrich est décédé le 9 juin 1998.

Il n'avait pas supporté les fatigues du voyage. Monsieur A..., responsable de l'Association des Amis de Compostelle de la Région PACA, que nous avons rencontré en cours de route, et qui effectue le parcours pour la quatrième fois, nous raconte que ces stèles se font plus fréquentes à mesure que l'on approche de Compostelle. A croire que ce n'est pas si facile que ça !

Une fois de plus le refuge est plein; l'accueil dans le village plutôt mauvais. Il nous semble que l'afflux de Pèlerins a créé un mercantilisme sur le tracé. On exploite le pèlerin plutôt qu'on ne l'aide. Définition (personnelle) du Pèlerin : celui qu'on peut peler !

Une seule note sympathique, celle d'un français qui effectue le parcours avec sa jument.Il prend grand soin d'elle et va jusqu'à ne pas la monter afin, dit-il de ne pas la fatiguer. Enfin, il consent tout de même à lui faire porter ses bagages. Il nous avoue qu'il n'a pu la convaincre de marcher qu'en lui faisant comprendre qu'elle aurait droit, chaque soir à un bon herbage tout frais. Pour ça oui, l'herbe ne manque pas ! Et autour de la bête au piquet se forme un beau rond de pelouse bien rasée. Les statistiques de 1999, donnent encore 92 pèlerins avec des chevaux ou des mules ou des ânes, sur les quelques 29500 qui sont partis de Roncevaux. C'est peu… mais c'est sympa.

Burgo Ranero, le village des grenouilles, est un tout petit village à vocation agricole dont le seul intérêt est de posséder de belles maisons en adobe. Lumière éblouissante du soleil sur la couleur blonde des murs de terre, calme de la rue d'un village presque désert, nous parlons un grand moment avec des néo-zélandais qui ont fait le tour du monde pour venir souffrir ici…

Dimanche 28 Mai 2000 : de BURGO RANERO à MANSILLA DE LAS MULAS /VILLARENTE

Nous avons passé une nuit horrible, non à cause des grenouilles, là nous étions avertis, mais à cause d'un ronfleur, champion du monde de variations sur le thème "je scie du bois". Il avait promis, en riant, "je vous reveillerai à 5 heures du matin !", mais il n'a pas pu tenir parole car nous n'avons pas pu nous endormir. Donc, lever très tôt.

Départ aux petites heures. Colette mène bon train, bien que sous antibiotiques. Le chemin suit strictement la nationale. C'est ce que l'on appelle un chemin de desserte agricole qui permet de retirer de la nationale les gros engins agricoles. Large de quatre à cinq mètres il est en assez bon état malgré le passage des lourds tracteurs car, tenez-vous bien, il est empierré et damé. En plus, une piste simplement gravillonnée celle-là, le borde sur le côté sud, sur toute la distance et devrait, en principe, servir de sentier pour les piétons. Je dis bien, en principe, car de fait, tout le monde circule sur la route agricole. Le gravier choisi pour le sentier ressemble plus à du ballast pour les voies de chemin de fer qu'à de la soie.

Des arbres ont été plantés sur toute cette énorme distance; un tous les neuf mètres, platanes et accacias qui fourniront une ombre appréciable dans … dix ans ! Regrets. Par contre, le fait qu'ils soient espacés d'exactement neuf mètres nous permet, en comptant nos pas (exactement 6,5 pas, d'arbre à arbre) de déterminer qu'un double pas (pied droit-pied droit) mesure 1,38m. et qu'il nous faut donc, environ 725 pas au kilomètre et que nous aurons effectué 406.000 pas cette année de Belorado à Compostelle et 725.000 au total depuis Lourdes.

Vers Mansilla

Vous aurez remarqué la hauteur de nos pensées sur ce secteur du Camino. Il faut préciser que le paysage ne change guère. Toujours un vaste plateau venté où la pluie menace et finit même par tomber. Les champs d'avoine ont remplacé le blé et tient ! Nous remarquons soudain qu'il n'y a plus de fleurs… Ça alors, comme par magie, les deux bordures fleuries ont disparu.

Et nous suivons les longues lignes droites qui nous mènent jusqu'à RELIEGOS...

Jean Paul

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