A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

A chacun son déclic

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Monastère de Leyre. A la sortie, alors que tout le monde a quitté la nef, nous retrouvons notre pèlerin allemand, lequel est fort surpris de nous revoir ici.

Il nous croyait du côté d'Undùes, la ville que nous avons manquée hier, mais comme nous avons fait double étape… Il a les pieds en marmelade et Colette lui offre quelques médicaments qui lui faisaient défaut. Il a changé ses sandales pour des baskets qui lui conviendront mieux je crois.

En fait, nous savions que nous étions aprés lui, tout au long de ces journées. Les gérants de refuges, les restaurateurs, et même, les traces de ses sandales dans le sable des chemins, nous dévoilaient sa présence. Il ne pouvait pas rester inaperçu. Il nous fait savoir qu'il sent la forme venir, et qu'à compter d'aujourd'hui, il va passer à des étapes plus longues de 30 à 35 km, donc nous ne le reverrons plus. Par la même occasion, il nous confirme que nous avons fait 32km hier. Il ne savait pas que les 4km. de côte, nous les avions savourés en voiture. Mais c'est bien 28km. que nous avons fait, pas mal. Adieu et Buen viaje !

Monastère de Leyre

Anecdote. J'ai eu l'occasion de lui demander comment il s'était retrouvé sur le chemin de Santiago. Il m'a révélé que comme nous, il en avait envie depuis longtemps, mais que c'est seulement l'année précédente que, en vacances au bord de la mer en Italie, il avait trouvé sur la plage, cet immense bout de bois qui lui tient lieu de Bourdon, en fait un simple bois de flottage et qu'en le voyant, il avait décidé que ce serait son "bourdon" pour le voyage à Compostelle.

Effectivement, j'ai pris le long bâton en mains. Il ne pesait pas très lourd et semblait avoir était lissé par les vagues. Il avait, en outre la forme d'une crosse d'évèque. Notre Pèlerin semblait être certain que la découverte de ce bois était, pour lui, le véritable appel du départ.

Alors, lorsqu'on me demande pourquoi on se met en route…..

Bon, il n'en reste pas moins que nous avons un long chemin devant nous. Nous n'avons pas pris, je le regrette aujourd'hui, le temps d'aller jusqu'à la fontaine sacrée de San Virila, saint ermite qui a laissé son nom au Monastère. Une légende entoure le mystère de son existence. Il fut en effet ermite au sein de son propre monastère. Un jour, s'étant éloigné des bâtiments afin, disait-il, d'écouter chanter les oiseaux, il n'y reparut plus …pendant… trente ans ! A croire soit qu'il appréciait beaucoup le chant des passereaux du coin, soit qu'il n'y en avait pas trop…

Il n'en reste que lorsqu'il se présenta, trente ans après à la porte du monastère, les Cisterciens avaient remplacé les Bénédictins, et que notre Virila, ne fut pas reconnu. Il fallut consulter les archives pour comprendre qu'il avait été porté "disparu" depuis tout ce temps, et il fut heureusement réintégré.

Jean-Paul

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