A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Toucher au but

Textes choisis

Donc départ à 6h00. Il fait encore nuit, et nous ne pouvons pas emprunter le sentier dont nous ne pourrions repérer les balises.

Nous suivons tranquillement la nationale. Nul risque qu'à cette heure il y ait trop de trafic. En fait, pendant la première heure sous les étoiles, nous ne croiserons que deux véhicules. Nous apercevons au loin les lueurs de COMPOSTELLE, notre BUT.

En approchant de LABACOLLA nous retrouvons notre sentier. Il fait jour maintenant et comme nous étions partis sans même prendre un café, nous marquons un long repos dans ce lieu qui fut celui de halte obligée à l'époque des grands Pèlerinages. A cette époque reculée, les gens ne disposaient pas des facilités qui nous sont aujourd'hui habituelles. Logements, refuges, sanitaires, le savon, l'eau potable, etc… ils ne disposaient de rien de tout cela.

Aussi, lorsqu'ils parvenaient à proximité de Compostelle, après des voyages qui avaient duré deux, trois, quatre mois, ils avaient la décence de se décrotter avant de se présenter dans la ville sainte. De là le nom de la ville LABACOLLA (il n'y a pas besoin de traduction lorsqu'on sait qu'en espagnol B = V )… et Colla ce n'est pas le cou !

Il restait ensuite 7 kilomètres pour arriver à la fin du voyage.

De nos jours, cette distance se fait, sur un aimable sentier qui contourne l'aéroport de Compostelle, qui je crois le savoir, ne date pas du XIème s. …Et enfin on arrive sur la colline de MONTJOIE dont les Pèlerins de l'époque ont transformé le nom en MONTE GOZO. J'ai cherché à comprendre comment on avait pu passer de Montjoie à Monte Gozo… et j'ai découvert qu'en Galicien on écrivait Monxoi où le X se prononce Tsch ou Tje, or du Galicien à l'espagnol on est passé du Tsch au G qui se shuinte et ne se prononce pas vraiment mais qui s'écrit… vous avez suivi ? Non, bon. Mais c'est bien cela tout de même…et Monte Gozo c'est Monte Hozo. Ou Mont Hoy ou Mont Joie.

Montjoie

Il paraît que c'est de ce point que l'on peut apercevoir les clochers de Compostelle. Moi, en dehors des immenses tours de la télévision espagnole et de la télévison galicienne, je n'ai rien vu. Surtout pas la flèche jaune qui indiquait qu'il fallait tourner à gauche.

Bon, c'est dit, je reviendrai. Mais quoi qu'il en soit, après une dernière descente en très forte déclivité, nous voici aux portes de Compostelle.

C'est ici que les Pèlerins qui arrivaient se mettaient à courir afin de découvrir en premier le site tant attendu. Le vainqueur recevait le titre de ROI de son groupe et cela expliquerait pourquoi il y a tant de Le Roi, Leroi, Leroy dans notre beau pays…

Trafic routier, bruit, poussière, foule, rien n'arrête notre élan et nous passons dans l'avenida des los CONCHEROS, la rue SAN PEDRO, tout un dédale de petites rues dans la vieille ville et nous voici …face à la cathédrale. Croyez moi, une émotion véritable nous étreint. Nous tombons dans les bras les uns des autres. J'embrasse Colette avec tant de fougue que je pense l'avoir à moitié étouffée. Elle est aussi émue que moi et je suis fier d'avoir un petit bout de femme aussi courageuse. Nous y sommes !!!

Nous nous asseyons un grand moment au pied du monument sur la grande place DE LA QUINTANA et nous nous contentons de regarder, regarder, regarder encore pour nous en mettre plein les mirettes.

C'est surtout en dedans que ça se passe. Les yeux voient le monument, mais le cœur voit l'intérieur. Difficile de dire toute l'émotion et la joie que nous ressentons. Bien sûr nous ne sommes pas les premiers. Mais nous y sommes et cela seul compte. Nous verrons plus tard pour le reste.

Nous avons marché si vite, pressés que nous étions par le rendez-vous de la messe de midi, que, sans y prendre garde nous sommes arrivés au but à dix heures. Nous avons tout le temps de nous rendre à notre hostal pour y faire toilette et nous changer. Nous voulons, nous aussi, être présentables et propres. Retour au centre et pointage dans le bureau qui délivre les COMPOSTELANES. Les certificats, écrits en latin qui attestent que nous avons effectué le parcours. C'est un peu folklorique, mais c'est drôlement sympa, surtout que l'on rencontre là toute une foule de gens, venus du monde entier pour parcourir le Sentier, chacun à son rythme, chacun à sa façon, chacun avec ses motivations. Mais avec le même but : Compostelle.

Lors de la vérification des tampons que nous avons recueillis tout au long du parcours sur nos crédentiaux, on nous demande pour qu'elle raison nous avons effectué le pèlerinage. Colette et moi indiquons que c'est pour des raisons spirituelles.

Mais que l'on ne nous en demande pas plus.

Jean-Paul

Accueil
Accueil