A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Trouver un gîte

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A Oloron, nous étions dans une grande plaine, à 270m d'altitude et nous voici maintenant en pleine montagne. Quelques kilomètres nous ont suffi pour nous trouver devant un véritable mur.

C'est, je crois, une caractéristique de la chaîne pyrénéenne que de présenter des plaines de basses altitudes, jusqu'au pied d'une solide barrière.
Il est environ 10heures lorsque nous parvenons à Urdos. Le village est encore endormi et semble vide. C'est un poste frontière, mais la douane n'ouvre que bien plus tard. Les hôtels, les magasins de souvenirs et la poste sont fermés une fois encore, et finalement il nous faut insister pour être reçus dans un bureau afin de faire tamponner nos crédentiaux.

Urdos

A la douane, pas de tampon. A la gendarmerie, après un bon moment de palabres, on accepte de rechercher un tampon dateur. Il y en a bien un, mais il fait apparaître Oloron au lieu d'Urdos. Va pour Oloron, et quant à la date, à force de la trafiquer, on arrive à la faire apparaître. Allons, ce sera le 40 Juin 1999. J'ai dit 40, (comme dans Pagnol) ! Quel souvenir ! Là encore, il suffit de chercher pour trouver… un tout petit magasin où nous pourrons nous procurer de quoi pique niquer. Heureusement car, sur la route, tous les points qui avaient été notés par Monsieur B., soit ont disparu à cause de l'agrandissement de la nationale, soit sont fermés, à cause de la saison.

La route monte régulièrement vers le Somport. Nous sommes dans un paysage de fond de vallée, agréable, vert et il fait beau.

Halte à 13heures pour un pique nique bien mérité et nous repartons sous une chaleur étouffante. Un grand lacet, puis nous sortons pratiquement de la zone de la forêt et il fait de plus en plus chaud. Dans le lointain, on devine le col ou traîne encore un peu de neige, et de longues coulées de schiste gris qui font comme d'immenses ardoises qu'un géant aurait couchées sur le flanc de la montagne.

Le long des derniers kilomètres, le gouvernement a fait tracer un sentier à coups de bulldozer. Heureux que nous soyons passés cette année, car il me semble qu'ici aussi le sentier, pourtant fraîchement dessiné, grimpe face à la pente. Et comme il est creusé dans une terre plutôt grasse, je plains par anticipation les pauvres pèlerins qui l'emprunteront par temps humide…

Trempés de sueur nous parvenons au gîte d'étape qui figure sur les topo-guides. Evidemment, il est fermé.

Une carte indique bien qu'il suffit de téléphoner au responsable mais comme nous risquons d'être les seuls présents, cela nous étonnerait que quiconque vienne pour nous. Bon, il y a d'autres solutions au sommet, à 1645m. Encore un effort et nous y serons. Vu de loin, c'est très encourageant : poste de la douane espagnole, police, bar, hôtel, magasin de souvenirs, et surtout, oui surtout alberghe pour les pèlerins. Nous allongeons le pas et pouvons vérifier que… tout est fermé. Pas de douane, pas de police, rien.

Sur notre gauche nous repèrons le débouché du sentier qui descend du Col des Moines où nous aurions dû passer. Mon Dieu que cela semble haut. Je persiste à croire que nous avons fait le bon choix. Reste à décider de ce que nous devons faire au présent. Nous nous remettons en route, heureusement en descente. Très belle route en grands lacets qui longe le flanc sud de la chaîne. Sur notre droite nous apparaît la station de sports d'hiver de Candanchu, mais nous n'y repèrons aucun signe de vie et nous ne nous sentons aucune envie de faire les deux ou trois kilomètres de détour pour y accéder.

Cinq kilomètres sont avalés en un rien de temps. Une courte halte nous immobilise un instant.

Pour s'amuser Colette fait un signal d'auto-stop à la première voiture qui passe (nous n'avons pas vu un véhicule depuis au moins un quart d'heure) et voilà que la voiture freine. Le jeune chauffeur nous demande où nous allons, seuls dans cette immensité. Canfranc Estacion, le village où est située la démentielle gare internationale désaffectée. Il propose de nous y emmener, ce que nous acceptons avec empressement. C'est à 4km. En cours de route, il s'enquiert de notre destination réelle car il se doute que nous sommes des pèlerins, et très obligeamment nous transporte en trombe vers le gîte des pèlerins… à 3 kilomètres au delà de Canfranc Estacion.

Grands remerciements et nous voilà devant une façade décorée de peintures psychédéliques plutôt surprenantes dans un tel décor. Pourtant, à l'intérieur, tout est propre, visiblement refait à neuf récemment. Le gardien du refuge nous installe, nous indique un petit restaurant voisin où nous pourrons manger, et … bonsoir tout le monde. Nous avons de nouveau laissé nos 20 et quelques kilomètres derrière nous (plus la dénivelée…) et compte non-tenu du parcours en voiture !

Jean-Paul

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