A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

Golinhac - Cahors

Textes choisis

SAMEDI 06/07/2002 : 78 km

6 h 45 : Après une bonne nuit dans un lit et au sec, nous nous levons en forme, même si durant la nuit un de nos amis allemands n'a pas oublié lui non plus de ronfler, mais nous lui pardonnons, car faire le chemin de Saint Jacques à pied, c'est un sacré exploit. Il suffisait de voir l'état de ses pieds avant qu'il ne se couche. Un bon petit déjeuner en compagnie des pèlerins et en route pour environ 90 km qui vont nous mener de Golinhac à Beduer. Allez on y croit encore !! Le moral est bon, même si le temps semble menaçant.

8 h 15 : Départ pour la belle cité étape de Conques et le plaisir de découvrir enfin le fronton de son église. Je prends le volant et me dirige tranquillement vers Espeyrac.

8 h 50 : Je n'ai pas beaucoup de temps à attendre avant de voir surgir sur ma droite les aventuriers que j'attendais sur ma droite. Tout le monde reconnaîtra mon super sens de l'orientation !! Le temps devient de plus en plus menaçant, je les quitte et me rends alors à Conques. Ils empruntent la route bitumée à la droite en sortant du bourg, mais après réflexion, peut être auraient-ils dû prendre la route de droite et suivre la vallée ? Nous n'avons pas la réponse à ce jour. Toujours est-il qu'ils ont dû faire face à une série de côtes assez pentues qui réveillent le physique et mettent les mollets à rude épreuve.

10 h 30 : Jonction de l'ensemble de l'équipe à Conques. Il pleut. Mais alors une pluie terrible et cela pendant une bonne heure. Et nous qui nous nous réjouissions de visiter la cité médiévale, notre plaisir est quelque peu gâché. Nous ferons quelques photos en souvenir. Puis au bout d'une heure, nous nous décidons à repartir, peut être qu'un nouveau départ fera reculer cette pluie qui nous mine.

11 h 30 : Armel prend le volant. Il n'est sûrement pas mécontent, être un peu au sec quand les autres sont sous la pluie. Quel plaisir !! Nous descendons le village, nous nous perdons quelques instants. Puis finalement retrouvons le bon chemin, malheureusement bitumé et quel n'est pas non plus notre désespoir de constater qu'il monte, monte et monte encore et cela sur plus de 6 km. J'ai ici compris l'expression "avoir le nez dans le guidon", car si la pluie a laissé la place à une légère éclaircie, il faut pédaler et pédaler encore sans jamais regarder devant soi. Le virage que tu aperçois tout là haut n'est pas le dernier et il faudra encore continuer. Aussi pour ne pas descendre de vélo, je regarde mon guidon et je pense à autre chose pour oublier cette douleur qui commence à se faire sentir dans mes mollets. A quoi je pensais déjà ?? Ah oui, mes vacances en Espagne prévues dès notre retour. Plus de vélo !! Non, plus de vélo !!

12 h 45 : Après 1 heure et 15 minutes de lacets nous retrouvons Armel à la croix de Pergadou (640 m d'altitude) et profitons de la table d'orientation pour nous repérer et resituer des lieux déjà traversés. Le temps se maintient, nous déjeunons sur le pouce (fromage, pain, fruits secs) et reprenons des forces après cette ascension même si comme l'évoque Patrice "ça manque tout de même de vin !! ". Oui bien sûr !! Personne n'est contre, mais il faut repartir de plus belle et rester motiver, car c'était dur, dur cette ascension presque à froid au départ de Conques !!

13 h 15 : Nous nous dirigeons vers Decazeville. L'équipe et la formation reste la même, Armel doit nous attendre dans la ville. Nous " bitumons " à nouveau à notre grand regret, nous qui aimons les petits chemins bosselés de notre pays de Redon.

13 h 50 : Descente sur Decazeville. Et c'est grâce au progrès des hommes (le portable) que nous reprenons contact avec Armel. Il gagne encore un point avec sa fameuse expression qui ravit tout le monde après les efforts " une mousse, sinon rien ! ". Nous garons la voiture, enchaînons les vélos et nous rendons vers le plus proche café afin d'étancher une petite soif et revoir le parcours.

14 h 15 : Départ vers Figeac. Et une fois de plus, en sortant de la ville, qui est en contrebas, nous devons monter, monter et monter encore. Dans ces moments là, il faut être vraiment motivé pour ne pas décider de redevenir une simple piétaille. Patrice prend le volant jusqu'à Saint Félix. Nous, nous traversons Livinhac, Montredon et leurs paysages vallonnés sur des chemins qui restent facilement praticables et gentiment bosselés…

16 h 15 : A Saint Félix, nouveau changement de chauffeur. Jacques qui a largement fait sa part prend les commandes de la 205. Nous devons essayer de nous retrouver à Figeac pour admirer, si possible, l'étonnante reconstitution surdimensionnée de la fameuse pierre de Rosette qui permit à un certain Jean François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens. C'était la petite pensée historique du moment.

17 h 45 : Mais Jacques, malheureusement pour lui, ne pourra jamais entrer dans la ville, avec la 205 et la remorque, et trouver un emplacement suffisamment proche du musée pour admirer cette œuvre. Pauvre Jacques !!

18 h 30 : Encore du bitume vers Béduer, mais quelle belle montée vers le monument aux morts !! Jacques nous a trouvé un camping à la sortie du bourg, l'accueil y est chaleureux et Patrice qui ne manque pas d'initiatives nous marchande un barnum qui nous permet de ne pas avoir à monter les tentes. Quel esprit d'initiative. Patrice gagne encore un point et il pense prendre du pain pour le petit déjeuner du lendemain matin et un nouveau point dans le nourrain. Attention !! Ta fortune commence Patrice. Un peu de toilette pour les cyclistes, un peu de mécanique pour l'entretien des vélos et nous voilà fin prêts pour un petit resto des familles, pour se requinquer et se souvenir des difficultés et des beautés de la journée écoulée.

20 h : Repas à Faycelles sur recommandation de notre hôte, à " la forge ", pour 15 € : un pounti, un onglet frites, fromage, vin, gâteau (pas très cuit), café … et une petite bière salvatrice en apéritif…Allez, il est maintenant 22 h 45, les héros sont fatigués et fourbus. A demain, de bonne heure et de bonne humeur pour de nouvelles aventures.

DIMANCHE 07/07/2002 : 59 km

6 H 45 : Allez debout là dedans !! On est peut être dimanche, mais aujourd'hui, on roule encore et en direction de Cahors donc sur une distance proche des 90 km. La brume matinale est au rendez vous, et nous avons un peu de mal à faire surface.

8 h 15 : Le départ est donné. Les vélos sont près, les muscles sont encore un peu endormis, mais les cyclistes restent vaillants, bons pieds , bon œil. Patrice prend le volant, il débute donc tranquillement sa journée, on doit se retrouver à St Sulpice. Nous longeons la vallée du Célé, le temps se met progressivement au beau, le rythme est pris car les chemins sont larges et faciles, agréables et variés (bitume, petits chemins, empierrages...) Voilà tout est dit, sans oublier le beau panorama et le superbe passage à flan de falaise au-dessus du village.

10 h 15 : Nous arrivons à St Sulpice. Le temps est vraiment au beau. Un petit ravitaillement rapide et en route pour St Cirq Lapopie, un des plus beaux villages médiéval de France. Encore un moment historique !! Le parcours est plus physique, plus technique, mais on aime ça et surtout on laisse un peu le bitume qui nous déplaît. Nous allons traverser le Lot et monter, monter vers St Cirq Lapopie sous une chaleur de plus en plus écrasante. Jacques a pris le volant.

11 h 30 : Nous allons faire un petit casse-croûte bien frugal à base de pain, de beurre... salé, de tomates, de saucisson et d'eau, bien sûr. Mais avant cela, il faut se " acrifier" pour le rituel, "Allez patronne, une p'tite mousse, une !!". Nous n'oublions pas de faire un petit tour dans ce magnifique petit village qui surplombe le Lot... mais malheureusement, en début d'après midi, les touristes sont très nombreux. Nous préférons nous évader rapidement.

13 h 30 : Je prends à mon tour le volant, la chaleur lourde s'installe progressivement. Aujourd'hui, les organismes vont sûrement souffrir davantage. Le reste de l'équipe profite de l'ombre du chemin de halage creusé dans le calcaire près du Lot. Durant tout l'après midi nous allons assez tranquillement suivre les indications qui nous avaient été fournies par le très bon site Internet "A VTT sur les chemins de Saint Jacques" à savoir : St Cirq Pasturac par des petites routes puis un passage à Béars au bord du Lot et nous rejoignons Archambal par la route (Quoi ? encore du bitume).
Ici, Armel prend le volant pendant que nous nous rendons à Cahors en longeant le Lot par le GR 36. Par endroit c'est vraiment la jungle avec toutes ces orties qui vous piquent les mollets !! C'est dur la vie de sportif, mais il fait beau et le paysage est magnifique !!

17 h : Nous arrivons au camping de Cahors. Une bonne journée de vélo prend fin. Et ce n'est pas Armel qui nous contredira, lui qui est bien attablé et qui sirote sa petite bierrette comme Dieu en France. Il perd au moins deux points par manque de solidarité avec le groupe, non mais !! Nous en boirons d'ailleurs une, mais tous ensemble. Non mais !!
19 h : Après avoir lavé les cochons nous décidons de partir pour la ville de Cahors et de reprendre contact avec la civilisation. Il faut trouver une pizzeria, histoire de manger des pâtes et de recharger les accus.

Vers 22 h : retour au camping. Nos voisins sont des Anglais qui ne se rendent pas compte qu'ils sont dans un camping et non chez eux, ils parlent très fort. Nous essayons courtoisement de leur faire comprendre que nous aimerions dormir tranquillement et qu'eux, ils peuvent continuer à parler mais plus doucement. Peine perdue, Patrice leur "parle" alors du pays dans la langue de Shakespeare avec l'accent briéron. Et là, ils se taisent définitivement. Patrice pour ce courage gagne facilement ses 2 points et tout le monde lui dit : "Merci Patrice, et à demain !!".

Philippe

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