A VTT sur les chemins de Compostelle
Cartes postales

Aimery Picaud

Un "routard" médiéval pas très objectif

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Dans la deuxième moitié du XII° siècle, hommes et femmes de toute condition sociale accomplissent leur pèlerinage à Compostelle. Mais à cette époque, partir ainsi n'a vraiment rien d'une promenade touristique. Le pèlerin moyen, plutôt que de s'enthousiasmer sur la beauté des montagnes pyrénéennes, redoute de devoir les franchir, d'autant que les récits de l'époque ne l'incitent pas à l'optimisme.

Dans le plus ancien ouvrage connu, daté de cette époque, sur les chemins de Compostelle, l'auteur, un moine poitevin nommé Aimery Picaud, informe ses lecteurs des lieux sacrés et reliques à visiter, ainsi que sur des us et coutumes des régions traversées. Certaines descriptions ou recommandations ne manquent pas de saveur, ni de subjectivité ! Pour en juger, j'ai extrait pour vous quelques passages du "guide du pèlerin de Saint Jacques".

Bénédiction du pèlerin

Avec les poitevins, cela commence plutôt bien … forcément, il suffit de se souvenir de quelle région notre moine était originaire !

Si l'on prend la route des ports de Cize, après Tours, l'on trouve le pays poitevin, fertile, excellent et plein de toutes félicités. Les Poitevins sont des gens vigoureux et de bons guerriers, habiles au maniement des arcs, des flèches et des lances à la guerre, courageux sur le front de bataille, très rapides à la course, élégants dans leur façon de se vêtir, beaux de visage, spirituels, très généreux, larges dans l'hospitalité.

Sur les galiciens … là, çà se gâte !

(…) ici, la campagne est boisée, arrosée de fleuves, bien pourvue de prés et d'excellents vergers ; les fruits y sont bons et les sources claires, mais les villes, villages et champs cultivés sont rares(…) Les gens de Galice sont, avant tous les autres peuples incultes d'Espagne, ceux mais ils sont, dit-on, enclins à la colère et très chicaniers.

Quand aux navarrais…

C'est un peuple barbare différent de tous les peuples et par ses coutumes et par sa race, plein de méchanceté, noir de couleur, laid de visage, débauché, pervers, perfide, déloyal, corrompu, voluptueux, ivrogne, expert en toutes violences, féroce et sauvage, malhonnête et faux, impie et rude, cruel et querelleur, inapte à tout bon sentiment, dressé à tous les vices et iniquités .

Cette vision toute personnelle d'Aimery Picaud n'était pas vraiment un encouragement au départ, et pourtant, elle n'a en rien empêché le développement du pèlerinage. Pour le plaisir, lisez Aymeri Picaud, mais surtout, ne l'écoutez pas ! Aujourd'hui si loups, brigands et autres périls ont bel et bien disparu, pour chaque région traversée, il y aura toujours de vrais coups de coeur.

Attaque de pèlerins par des loups

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