A VTT sur les chemins de Compostelle
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Puente la Reina

Tous les chemins ne mènent pas à Rome

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Parmi toutes les embûches que devaient affronter les premiers pèlerins de Compostelle, la traversée des fleuves et rivières constituait un obstacle de taille. Avant l'extension et le développement du pèlerinage, cette tâche était dévolue aux passeurs de rivières. Au dire d'Aymeri Picaud, le premier auteur connu d'un guide du pèlerin (XII° siècle), cette confrérie des passeurs relevait plus de l'aréopage de bandits que de l'honnète corporation de travailleurs. Assassins, rançonneurs, pilleurs..., tels étaient les qualificatifs dont on les affublait à cette période.

Puente la Reina : le pont médiéval

Après avoir traversé les Pyrénées, le jacquet, parvenu dans ce qui est aujourd'hui la Navarre, atteignait la petite ville de Puente la Reina, dernier point de convergence des chemins de Compostelle. Au delà, hier comme aujourd'hui, commence un chemin unique vers Compostelle : le "camino francès".

Bâtie sur le modèle des bastides d'Aquitaine, mais antérieure dans sa conception, Puente la Reina a conservé son caractère médiéval. La traversée de la rue principale, la calle major, nous plonge dans l'atmosphère de cette époque, avec ses jolies maisons aux linteaux sculptés d'armoiries anciennes, et son église St Jacques dont le portail roman est d'inspiration mozarabe.

Au débouché de cette rue, le pèlerin atteint les berges de la rivière Arga, affluent de l'Ebre. Emue par le sort qui était souvent fait aux pèlerins par les passeurs, une riche femme (son nom n'est pas connu avec certitude), fit bâtir là un pont à six arches pour enjamber le rio.

Cet ouvrage du XI° siècle, toujours visible aujourd'hui, est dans un remarquable état de conservation. La traversée de Puente la Reina par la Calle Major et le franchissement, à pied ou à vélo, du rio Arga comptent parmi les moments forts du chemin.

Quelques kilomètres avant la jonction des chemins à Puente la Reina, sur ce qui est encore la via Tolosane (voie d'Arles qui passe par le col du Somport), une étrange chapelle surgit au milieu des champs de blé. Construite sur plan octogonale, ceinte d'une murette en colonnades, comme un cloître, la chapelle d'Eunate, elle aussi remarquablement conservée, date du XII° siècle.

L'hypothèse qui en fait une chapelle funéraire est la plus couramment évoquée, car des fouilles y ont mis à jour des ossements et des coquilles de pèlerins. Pour le pèlerin-randonneur, cette vision inattendue, qui mérite vraiment le détour, conservera son mystère pour longtemps encore.

Chapelle d'Eunate

 

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