A VTT sur les chemins de Compostelle
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Dans les pas des roumieux

Les chemins d'aujourd'hui sont-ils les mêmes qu'il y a 800 ans ?

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Au Moyen Age, trois grands lieux attirent les foules de chrétiens : Jérusalem, Rome et Compostelle. Pour le "roumieu", pèlerin de cette époque, atteindre un de ces lieux saints est un gage de salut de l'âme. Selon ses moyens, il s'y rend en bateau, en carrosse, ou à cheval.

De ces trois pèlerinages, celui vers Compostelle, malgré la distance à parcourir, reste à la portée de chacun. De plus, lui seul fixe vraiment un but unique, à la fois géographique et spirituel : le tombeau de l'apôtre Jacques.

Pèlerins de Compostelle

Des quatre voies dites "historiques" qui conduisent à Compostelle, trois se rejoignent au lieu dit "Gibraltar",au Pays Basque : au départ de Tours, Vèzelay et le Puy en Velay. Elles retrouvent la quatrième (partie d'Arles) en terre Espagnole, un peu après Pampelune. Au delà, une seule et même route, le "camino françès", draine depuis des siècles les pèlerins d'hier et d'aujourd'hui.

En France, les itinéraires vers Compostelle, subissant les aléas de l'histoire, ont été souvent modifiés au fil des siècles. En revanche, le parcours espagnol, définitivement tracé après la "reconquista" du Nord de l'Espagne, (reconquête catholique sur l'islam), n'a pratiquement pas varié en mille ans.

Les grands itinéraires français que nous empruntons aujourd'hui ne passent plus strictement dans les pas des pèlerins qui ont fait l'histoire du chemin.

D'abord, parce que l'itinéraire historique, comme nous le faisons aujourd'hui, allait au plus court. Il est donc bien souvent absorbé par des routes goudronnées. Les tracés piétonniers, cherchant naturellement à éviter l'asphalte, ne peuvent pas toujours respecter la réalité historique des chemins.

Ensuite parce que les anciens tracés ont été par endroits détruits, pour laisser place à des constructions, des champs cultivés, et même des villes entières. Ainsi, le passage à l'emplacement actuel de la ville de Pau n'était qu'un gué isolé sur le gave.

Enfin parce que l'influence des villes étapes a fluctué au fil du temps. L'implantation d'un nouvel "hospital", d'une "bastide", d'une abbaye ou d'un sanctuaire, attirait le pèlerin. Le cas le plus typique est celui de Rocamadour qui, placé entre les deux grandes voies de Vèzelay et du Puy en Velay, a "dévié" de leur route bon nombre de jacquets.

Côté français, on ne restera donc pas strictement dans les pas de nos prédécesseurs. On peut bien sûr le regretter, mais la modernité est aussi passée par là. Consolons-nous cependant car par leur conception, les choix d'étapes, les sites grandioses ou modestes qu'ils nous amènent à voir, c'est d'abord dans "l'esprit" que les chemins nous rapprochent des ancêtres jacquets.

Stèle de Gibraltar, point de convergence des chemins

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