A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

1° étape

Eric dévore les kilomètres à vélo et s'est lancé un défi : du Mont Saint Michel à Santiago, plus de 1800 kilomètres en 12 jours... Une condition physique au top niveau pour des étapes marathon, sur le goudron, avec un VTT de 25 kg. Une autre manière de faire le chemin….

Textes choisis

ETAPE 1
SAMEDI 03/05/2003
MONT SAINT-MICHEL / REDON
179 km en 8H08
Moyenne : 22.01Km/h
TOTAL : 179 km

Voilà, le jour tant attendu du départ est arrivé ! Je ne me rappelle plus quand m'est venue l'idée d'aller jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle en VTT et en solitaire, mais je me souviens qu'à l'époque je ne savais même pas où se trouvait exactement la ville de Saint-Jacques sur la carte d'Espagne. Une sorte de défi personnel, de challenge à relever, dont je vous livre ici le journal de bord avec les bons et les mauvais moments. Pour ce voyage, je pars avec le minimum d'équipement afin d'être le plus léger possible, et j'utilise mon VTT SUNN REVOLT qui a donc été préparé en conséquence pour ce type de randonnée longue distance.

9H20 du matin, je m'apprête à partir du Mont Saint-Michel le jour de la Saint-Jacques, tout un symbole. Non voulu en fait, car j'attendais une fenêtre météo propice à ce voyage en VTT depuis quelques jours, et j'ai différé mon départ jusqu'à aujourd'hui. Il fait un grand soleil mais la température reste fraîche. Le vent, qui sera de face pour moi dans la descente du département d'Ille et Vilaine vers Redon, est assez fort mais n'entame en rien ma détermination et ma bonne humeur. Je me sens un peu comme un gamin face à un gros gâteau au chocolat : par où commencer ?

Tout en donnant les premiers coups de pédales, je me retourne de temps en temps pour apercevoir la silhouette majestueuse du Mont Saint-Michel disparaître petit à petit derrière moi. Je trouve vite ma position et mon rythme sur le vélo. Me voilà parti ! J'ai une sacoche devant sur le guidon pour le petit matèriel et les cartes, ainsi que 2 sacoches à l'arrière, plus une sur le porte bagages. C'était la meilleure configuration pour équilibrer au mieux le poids et le VTT.

13H05, arrivée à Rennes à l'écluse Saint-Martin sur le canal Ille et Rance, que j'ai suivi quasiment en totalité depuis mon départ du Mont Saint-Michel. J'ai fait 79 kilomètres en 3H31. La moyenne est plus que bonne et les sensations aussi d'ailleurs. La préparation physique que j'ai effectuée avant de me lancer dans cette aventure va, je l'espère, me permettre de tenir ce rythme jusqu'à l'arrivée à saint-Jacques de Compostelle. Je retrouve ma plus fidèle supportrice pour ce défi un peu fou, ma fiancée Barbara, qui était au départ avec moi au pied du Mont Saint-Michel, et qui a pris la voiture pour revenir à Rennes.

Nous déjeunons au bord de l'eau. Je me suis rendu compte que l'élément "eau" allait être très présent sur la première partie de mon itinéraire. C'était un souhait de ma part d'emprunter au maximum des itinéraires dits "naturels" et d'éviter les grands axes routiers. J'avais estimé pouvoir rejoindre Saint-Jacques de Compostelle en utilisant environ 70% de chemins et seulement 30% de bitume. Mais la réalité sera tout autre car j'avais quelque peu surestimé mes possibilités physiques et occulté tout obstacle.

Je reprends la route et les véritables adieux avec Barbara se font à la sortie de Rennes, du coté des étangs d'Apigné où je rejoins la rivière " La Vilaine " qui doit me mener jusqu'à ma première ville-étape, Redon. Après 50 km d'un pédalage fluide, je me retrouve face à un problème sur le chemin de halage : Il n'est plus pratiquable à partir de la ville de Guipry-Messac. Je dois donc récupérer la "grande route", qui est très fréquentée. Je reprends bien malgré moi contact avec les voitures et la pollution. Le voyage commence bien ! Les 30 kilomètres restants pour rejoindre Redon seront très pénibles et n'ayant pas prévu d'emprunter le réseau routier je n'ai pas de cartes adaptées. Je finis par me retrouver sur une portion de 4 voies. Première vraie frayeur !

19 heures. Enfin j'arrive à Redon. Je ne suis pas en grande forme. Le fait de m'être retrouvé sur la route a considérablement rallongé mon itinéraire et pour ne pas perdre trop de temps je ne me suis pas ravitaillé convenablement. Par chance, une enseigne "Mac Donald" apparaît au bord de la route et c'est comme une révélation ! Après avoir dévalisé le restaurant, je reprends la route pour arriver avant la nuit au gîte d'étape de Mme Le Villoux où j'ai réservé un lit. La fin du parcours est un peu laborieuse car le gîte est perdu dans un petit lieu-dit appelé Le Reux à 10 kilomètres au sud de Redon. Mais cela valait le coup. Il s'agit d'une vieille ferme restaurée. Les propriétaires du gîte sont adorables et ils me prennent un peu pour un extra-terrestre quand je leur dis ce que j'ai fait depuis ce matin et où je compte aller. Il est 20H et j'accuse 179 kilomètres au compteur en un peu plus de 8 heures passées sur la machine.

Etape longue, voire trop longue, pour ma première journée de route, car j'avais envisagé de ne faire que 130 à 150 kilomètres par jour pour tenir la distance jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Il me faut absolument maîtriser le kilométrage de mes étapes journalières, mieux gérer ma progression et ma fatigue, afin d'aller au bout de ce voyage. Il faut noter également, que j'ai eu beaucoup de vent de face, mais aussi du soleil et les brûlures qui vont avec ! Je suis le seul locataire pour la nuit dans ce gîte immense. Je vais dormir comme un bébé et commencer à faire l'apprentissage de la solitude du voyage vers Saint-Jacques de Compostelle! Au fait, savez-vous que Santiago de Compostela a été déclaré au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO ? Cette cité est le fruit d'une légende qui date de la découverte en l'an 813 du tombeau de l'apôtre Saint-Jacques, qui fut décapité en l'an 44 en Palestine. Le roi Alphonse II visita l'endroit et ordonna la construction d'un monastère, autour duquel naquît la ville.

Eric
eric.ide@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/tri-running-sport

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