A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

2° étape

Eric dévore les kilomètres à vélo et s'est lancé un défi : du Mont Saint Michel à Santiago, plus de 1800 kilomètres en 12 jours... Une condition physique au top niveau pour des étapes marathon, sur le goudron, avec un VTT de 25 kg. Une autre manière de faire le chemin….

Textes choisis

ETAPE 2
DIMANCHE 04/05/2003
LE REUX / SAINT-PHILIBERT DE GRAND LIEU
161 km en 6H57
Moyenne : 23.17 km/h
TOTAL : 341 km

Nous sommes le 4 mai, c'est l'anniversaire de ma maman. Décidemment, que de symboles en ce début de parcours. C'est bien car cela va m'aider à pédaler encore plus vite et plus fort. La journée commence par la traversée du marais de Redon. Les grands espaces commencent ici. Je connais ensuite quelques difficultés pour récupérer le canal de Nantes à Brest afin de descendre plein sud. Après quelques dizaines de minutes de cache-cache il apparaît enfin au détour d'un pont. Il s'en suit 84 kilomètres de bonheur le long de ses berges. Il y règne un calme et une douceur très agréables.

Je pédale très sereinement et mon regard vagabonde le long de la rive qui défile à bonne allure. Je déplore juste une portion mal indiquée qui m'oblige à un détour. Je fais la rencontre d'un groupe de cyclotouristes qui vient de Brest. Je roule quelques kilomètres en leur compagnie, et nous en profitons pour échanger nos impressions et conseils réciproques sur les randonnées cyclistes longue distance. La grande solidarité des cyclistes entre eux n'est donc pas légendaire. J'ai également rencontré un serpent a qui j'ai dû laisser la priorité sur le chemin. Quelle aventure !

Arrivé à la dernière écluse, "le moulin de Quiex", je dois faire demi-tour pour récupérer la route de Sucé sur Erdre vers Nantes. La traversée de Nantes est un peu laborieuse, mais par chance il y existe un très bon réseau de pistes cyclables. Je tombe une nouvelle fois sur un restaurant Mac Donald salutaire ! Lors de la préparation de mon itinéraire, j'avais repéré un passage par bac, gratuit pour les vélos en plus, situé à Couëron, en périphérie de Nantes. Je m'y rends rapidement en me faufilant dans la circulation assez dense. Après quelques minutes d'attente pendant lesquelles j'en profite pour me relaxer et m'alimenter, je traverse la Loire sur ce petit bac. Encore l'élément "eau", mais cela représente surtout le franchissement d'un symbole géographique important sur mon tableau de marche.

Je dois me rendre à l'évidence, la traversée de Nantes m'a beaucoup retardé. Je quitte le canal de Nantes à Brest vers 13 heures et je prends le bac seulement vers 15 heures. Il m'aura fallu plus de 2 heures pour me sortir des tentacules nantaises. Quelle horreur ces grandes villes, il me tarde de retrouver les petits chemins et de continuer ma descente de la France.

Je ressens un gros coup au moral car je sais que je ne pourrai pas rejoindre la ville d'arrivée d'étape que je m'étais fixée, soit La Roche sur Yon, ce soir ! Trop loin, et si je tente de passer en force, je crains que le physique ne suive pas les prochains jours. Il me faut donc m'adapter à ce constat de demi-échec, tout en gardant en mémoire que je veux faire ce voyage en un minimum de temps. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, le mal aux fesses commence à apparaître !

Je décide de prendre une petite pause café au village " La Montagne " qui porte bien son nom car il y a une belle côte pour y arriver ! Je fais un point sur la situation géographique et je passe un coup de fil à Barbara, ainsi qu'à ma mère. Qu'il est bon d'entendre une voix familière quand on se sens un peu seul et en proie à certains doutes quant à la faisabilité de ce voyage. Je me remotive et je repars ! Je pense que c'est lors de cette étape que j'ai perdu le plus de temps sur mon objectif de réaliser ce trajet le plus vite possible. J'avais les ressources physiques pour " m'arracher " jusqu'à La Roche sur Yon et donc effacer une demi-étape. Mais bon, qui va piano va sano et j'aurais sûrement payé à un moment ou à un autre ce pêché d'orgueil mal placé.

Direction Saint-Philibert de Grand lieu en faisant le tour du lac du même nom. Bonne moyenne pour finir l'étape, soit 27km/h. Il ne faut pas oublier que mon VTT pèse 25kg avec le chargement et que j'ai des pneus tout terrain ce qui n'est pas la meilleure configuration pour faire de longues distances sur route. L'hôtel est très bien et de toute façon il n'existe que celui là d'ouvert dans le village. Le restaurant aussi d'ailleurs! De plus, il est situé rue du port et en face de la rivière Boulogne. Décidemment, je dois être " aquatique " comme dit mon ami Bruno ! Je relève un léger début de tendinite aux deux pattes d'oie situées dans le pli des genoux, mais rien d'alarmant. C'est plutôt normal vu le kilomètrage cumulé sur ces deux premiers jours. Je prends doucement le rythme et la mesure de ce voyage en vélo qui est une première pour moi et je m'aperçois que les choses ne vont pas être aussi faciles que je l'avais prévues. Estimer une étape sur une carte est une chose, mais la vivre sur le terrain en est une autre. Je suis en train de faire la rude expèrience du passage de la théorie à la pratique !

Eric
eric.ide@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/tri-running-sport

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