A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

3° étape

Eric dévore les kilomètres à vélo et s'est lancé un défi : du Mont Saint Michel à Santiago, plus de 1800 kilomètres en 12 jours... Une condition physique au top niveau pour des étapes marathon, sur le goudron, avec un VTT de 25 kg. Une autre manière de faire le chemin….

Textes choisis

ETAPE 3
LUNDI 05/05/2003
SAINT-PHILIBERT DE GRAND LIEU / LA ROCHELLE
158 km en 6H04
Moyenne : 26.04 km/h
TOTAL : 459 km

Première crevaison. Je découvre mon pneu avant complètement dégonflé au réveil. La journée commence bien ! Le temps est couvert et sans vent. Je vais pouvoir vérifier ma modeste théorie sur la météo bretonne, qui est la suivante : s'il n'y a pas de vent, il pleut ! (Mais le plus souvent c'est les deux ensemble). Cela commence vers 10 heures et ce petit crachin m'accompagnera jusqu'à la pause déjeuner vers 13 heures aux "Champs Saint-Père". Je tiens à signaler un fait rarissime : je suis passé dans les deux seuls villages de France et de Navarre à ne pas avoir un seul bar ouvert un lundi. Un comble quand même en France ! J'aurais tout de même aimé faire un arrêt et me mettre un peu au sec dans la matinée autour d'un bon café chaud. Tant pis !

Arrive la pause déjeuner dans un petit restaurant dit du " Prieuré " situé derrière l'église, où j'ai pu mettre mon VTT à l'abri de la pluie dans la crypte! Sans être moi-même partiquant, je trouve que ce début de parcours est tout de même marqué par beaucoup de signes religieux. Ce restaurant est en fait une sorte de cantine pour ouvriers. J'y fais une grosse entorse à mon régime de sportif, en y dégustant un supprenant repas pantagruelique et peu équilibré mais tellement bon : charcuterie / steack frites / fromage / tarte. Dommage que je ne puisse pas faire la sieste après !

Je change ma tenue mouillée du matin au milieu de l'impressionnant bric à brac de la crypte. J'éprouve une sensation bizarre en étant à moitié nu dans ce lieu mystèrieux, comme surveillé et protégé par un hypothétique Saint-Jacques. Et c'est reparti pour la deuxième partie de journée. La pluie a cessé mais le temps est toujours couvert. Le vent se lève et je vais l'avoir de côté sur la fin du trajet. A Luçon, je décide enfin d'acheter une carte de la région car j'en ai marre d'aller un peu à l'aveuglette et de faire des tours et des détours.

En plus, les gens à qui je m'adresse pour demander mon chemin n'ont pas l'air de se rendre compte que faire deux ou trois kilomètres en plus dans le mauvais sens quand on est en vélo et que l'on en a 160 à faire dans la journée est important. Les renseignements pour mes directions auprès des autochtones sont souvent approximatifs, ou alors cela donne : " Vous êtes en moto à voir votre tenue ? ". Il y a des gens qui devraient refaire un peu de vélo d'urgence pour reprendre contact avec la réalité du monde qui les entoure ! Ma carte en bonne place sous sa pochette plastifiée placée sur mon guidon, je coupe au plus court et j'évite les grandes routes où les camions ont tendance à frôler les cyclistes d'un peu trop près à mon goût.

Je traverse tout le marais poitevin et le pays de la moule de bouchot. Un faux air de Cancale, sniff ! Quand même, c'est très plat et monotone. Un grand désert vert et marron. Je suis de longues lignes droites dessinées au cordeau le long des canaux d'irrigation du marais. Parfois cela peut durer 8 à 10 kilomètres ! Quand vous en avez déjà fait 130 au compteur, vous attendez avec impatience le prochain croisement ou virage pour varier un peu le paysage et le pédalage ! Par chance pour moi, La Rochelle approche, et rapidement je me retrouve sur le port, face au deux tours qui en marquent l'entrée. De la Manche, mon point de départ, à l'Océan Atlantique ici, cela ne m'aura pris que 3 jours et 498km ! Bêtement, je suis très content de moi et de ce constat.

Le destin veut vraiment que ce voyage soit sous le signe de l'eau, car le couchage bon marché que j'ai réservé par hasard en prenant la liste des pensions pas chères dans l'annuaire est en fait " la maison du marin " ! Après une douche interminable et quelques soins sur mon postérieur endolori, je sors pour manger. Etrangement, j'ai une énorme envie de pâtes ! Juste sur le port, à 10 mètres des bassins et des bateaux, je trouve une petite pizzeria où j'assouvis avec délectation mon désir de "sucres lents". Le lieu est calme, et la vue sur ce bassin au repos dans la lumière du soir est superbe. Une sensation de travail accompli m'envahit. J'écris ces quelques lignes dans mon journal de bord et je visionne les photos prises durant la journée sur mon appareil numérique..

Eric
eric.ide@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/tri-running-sport

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