A VTT sur les chemins de Compostelle
Textes choisis

8° étape

Eric dévore les kilomètres à vélo et s'est lancé un défi : du Mont Saint Michel à Santiago, plus de 1800 kilomètres en 12 jours... Une condition physique au top niveau pour des étapes marathon, avec un VTT de 25 kg. Une autre manière de faire le chemin….

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ETAPE 8
SAMEDI 10/05/2003
ESTELLA / BURGOS
176 km en 7H23
Moyenne : 23.84 km/h
TOTAL : 1293 km

J'ai passé une très bonne nuit réparatrice dans cette pension, l'une des meilleures depuis mon départ. La propriétaire lève les bras au ciel quand elle se rend compte que j'ai gardé mon VTT dans la chambre. Je fais celui qui ne comprend pas tout en règlant au plus vite ce que je lui dois et je prends la tangente. Une fois dehors, je retourne dans le bar où j'ai mangé hier soir pour prendre mon petit déjeuner. Les Espagnols se couchent tard c'est une évidence... mais se lèvent aussi de bonne heure. Il est 8 heures ! Il y a quand même moins de bruit et de monde qu'hier. C'est une grande route qui m'enmène vers Santo Domingo pour le déjeuner et qui me fait passer de la région de la Navarre avec sa campagne fertile riche en production fruitière, à celle de la Rioja, célèbre pour son vignoble.

Sur mon itinéraire, je fais un arrêt à Los Arcos pour faire une photo de l'intérieur de l'église, qui paraît-il est sompteuse. Malheureusement, je trouve la porte de l'édifice close. Heureusement, l'extérieur avec sa petite place et son cloitre vaut à lui seul le détour. Je vois de plus en plus de groupes de pélerins le long de la route qui coincide maintenant avec le " chemin ". Quelle surprise quand en haut d'une côte ( Encore une !), Je vois des sommets enneigés ! Magnifique panorama, mais cela n'augure rien de bon pour mes mollets en terme de dénivelé. La région de la Rioja offre de très beaux paysages et une campagne aux multiples couleurs, ce qui aide à passer le temps. 102 kilomètres et 4H24 plus tard, j'arrive à Santo Domingo de la Calzada et c'est… Le carnaval. Du bruit, des pétards, du monde déguisé partout dans les rues. Je fais un tour rapide car ce n'est pas facile de me faufiler avec mon VTT chargé de ses sacoches volumineuses dans cette foule.

Je trouve un petit coin de terrasse pour manger, et le hasard faisant bien les choses, le serveur parle français. Je vais peut-être enfin comprendre ce que j'ingurgite depuis plusieurs jours ! Etant donné que j'espère être à Burgos ce soir je repars rapidement et les kilomètres s'égrainent sous un soleil et une chaleur de plomb. Je sors la casquette " Marathon des sables " qui protège bien ma nuque pour éviter de faire une insolation. La région de la Rioja a été secouée par des inondations il y a peu de temps, et les rivières que je traverse ont l'air en effet d'avoir été en crue. Les berges sont toutes mutilées et les eaux ont charié beaucoup de bois mort et d'objets divers.

J'arrive au dernier village sur ma carte avant Burgos. Il me restera 34 kilomètres ensuite ; Il faut que je prenne une décision : Ok, c'est décidé, je poursuis jusqu'à Burgos même si je ne sais pas à quoi ressemble le profil de la route ! Heureusement que je ne le savais pas avant car juste après la dernière maison du village passée, je vois un panneau indiquant : " Montée à 6 % sur 3 Km " !

J'ai l'impression de reculer de 100 kilomètres d'un seul coup. Je ne sais pas si c'est le 6% ou le 3km qui me gêne le plus ! Enfin, quand il faut y aller, il faut y aller. Je prends une belle photo au sommet du col de La Pedraja qui culmine quand même à 1125 mètres s'il vous plait ! J'espère au moins que la descente sera belle. Elle fut surtout extrêmement rapide et je finis les dix ou quinze derniers kilomètres de plat sur ma lancée à plus de 30km/h.

La banlieue et la zone industrielle sont très étendues à la périphérie de Burgos, et il me faut du temps avant de rejoindre le centre historique de la cité. Je suis tout de même très content d'avoir réalisé cette grosse étape aujourd'hui et d'être entré en Castille. Pas de phrase habituelle " Un coca, les pages jaunes s'il vous plait " ce soir, car je file directement dans l'un des offices du tourisme de la ville. On m'indique une pension toute proche qui accepte les vélos. Mon expèrience de la nuit passée me sert car je trouve immédiatement cette pension située au deuxième étage dans un viel hôtel particulier. L'accueil y est très sympathique et, après avoir déballé mes affaires et pris ma sempiternelle douche, je vais découvrir le centre ville, ainsi que sa vieille et belle cathédrale. Il s'y déroule plusieurs mariages sur la place, l'ambiance est chaleureuse et colorée. Les Espagnoles sont très belles et élégantes également !

Je me pose dans un bar à tapas et au nombre impressionnant de choses que je commande, le serveur voit tout de suite que je ne suis pas du coin ! Les gens des tables voisines également ! Dommage que je ne puisse pas leur raconter ma journée et surtout celles qui m'attendent jusqu'à Santiago.

Eric
eric.ide@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/tri-running-sport

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